On connaît [**Hugo Horiot*] l’auteur de l’Empereur, c’est moi ; le fils de la romancière [**Françoise Lefèvre*] qui a témoigné de la maladie de son fils dans plusieurs romans dont le plus connu est sûrement Le petit prince cannibale ; l’invité régulier de diverses émissions médiatiques, essentiellement médicales pour qu’il parle de sa vie d’autiste. Car pour ceux qui ne le savent pas, Hugo Horiot est victime du syndrome d’Asperger, qui, s’il se caractérise comme les autres formes d’autisme par des difficultés de communication avec les autres, des comportements répétitifs, etc., n’entraîne aucun retard dans l’apparition du langage et aucun déficit intellectuel.

Dans son dernier livre, avec des références à son enfance (il refusait d’être petit), il raconte sa vie d’adulte, difficile quand on ne comprend pas la société et ses codes, son choix de devenir comédien car sur scène il joue un rôle qui n’est pas le sien, une histoire qui n’est pas la sienne, et ses amours qui ont pour conséquence la naissance d’un enfant. Le fait de devenir père ne va pas s’en l’interpeller : comment éduquer un être « normal » qui ne demande qu’à vivre et à connaître le monde et ses embûches, lui qui ne les comprend pas. Comment accepter cette présence alors qu’il n’en voulait pas. Maintenant qu’il est né, il a conscience que c’est un cadeau merveilleux que vient de lui faire la vie.

Voilà le contenu du livre. Soit on sent une rage, une violence certaine dans son écriture, soit, Hugo Horiot aborde, enfin frôle, le thème des difficultés à s’adapter à un monde perçu comme hostile. Soit on comprend le titre, car au début quand il parlait de sa maladie, beaucoup furent sceptiques, ne le croyaient pas, le traitaient d’imposteur, ce qu’il n’est pas, c’est un vrai malade. Mais malgré toute l’empathie que l’on puisse avoir pour lui, pour sa maladie, j’ai trouvé pénible la lecture de ce livre. A la moitié, j’étais tellement submergé par les « je », les « moi », les « je me regarde le nombril, regarder comme il est beau et comme je suis victime de la maladie’ que je n’arrivais plus à percevoir le fond.

À force en quelque sorte de vouloir se justifier, de justifier sa vie, Hugo Horiot finit par se décrire comme un être plutôt antipathique, ce qu’il n’est certainement pas. Dommage!

[**
Émile Cougut*]
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Carnet d’un imposteur
Hugo Horiot

édition Iconoclaste. 19€


WUKALI 01/10/2016
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