Come back on the History of Rome. Bloody ends of reign


La production littéraire de **Joël Schmidt*] est d ‘une grande richesse, après la parution de [Germania, son dernier roman dont nous avons rendu compte dans Wukali, il a récemment publié chez Perrin, Femmes de pouvoir dans la Rome antique et Hadrien. Voici maintenant [** La mort des Césars*]. La mort de la quasi totalité des 71 empereurs qui se sont succédés de 27 avant J.C à 476. A qui il faut rajouter la mort de César qui n’était que dictateur à vie et non empereur comme chacun sait ! Certains ont régné de longues années comme [**Auguste*], d’autres quelques mois comme [**Olybrius*], d’autres quelques jours comme [**Gordien Ier*] et [**Gordien II*].

Tous, loin de là, sont morts de « leur belle mort » . Encore faut-il savoir ce qu’est une belle mort, l’empereur est souvent malade et vu les connaissance médicales de l’époque, ils souffrent beaucoup avant de décéder. Même [**Antonin le pieux*] meurt alors qu’il est malade pour la première fois de son régne. Je ne suis pas médecin, donc je suis incapable d’interpréter les symptômes que décrivent les témoins de l’époque pour déterminer la maladie qui va emporter le monarque. Quelques exceptions comme [**Marc Aurèle*] ou [**Claude II*] qui meurent de la peste comme la grande majorité de leurs armées.

Non, la plus part meurent assassinés. Le pouvoir à [**Rome,*] même s’il permet tous les abus, est très souvent mortel. Il faut dire que la série commence par un assassinat. Soit, comme le précise l’auteur, [**César*] n’a jamais été empereur, mais c’est lui qui a tracé la voie à la dignité impériale que va créer son neveu et non moins fils adoptif [**Octave*] ou [**Octavien*] qui devient [**Auguste.*] Et César, tout le monde le sait, meurt assassiné. Des complots contre le titulaire du pouvoir, chaque empereur en a connus, souvent ils arrivent à agir avant son déclenchement et font massacrer les conjurés ainsi qu’un certain nombre d’innocents, on est jamais trop prudent, mais parfois le complot se réalise et alors ce ne sont que coups de poignards, d’empoissonnements, parfois un mixte de plusieurs façons de tuer comme pour [**Caligula*] qui est empoisonné et étouffé, oui on n’est vraiment jamais trop prudent !

Certains meurent à la guerre, ils sont plutôt rares, parfois lors d’une bataille contre un concurrent comme [**Maximin Ier le Thrace*] ou [**Philippe l’Arabe*] soit contre un vrai ennemi de l’empire comme [**Valérien*].

Si, essentiellement au début de l’empire, les empereurs deviennent dieux à leurs décès et bénéficient de somptueuses funérailles, certains au delà de leur mort, ont leur corps vandalisé et abandonné comme [**Héliogabale*] ou [**Pétrone Maxime*].

Il y a peu d’empereurs qui ne moururent pas sur le trône : [**Dioclétien*] qui abdiqua, [**Glycerius*] chassé du pouvoir (pour devenir évêque de Salone) par [**Julius Nepos*], lui aussi obligé de partir précipitamment (il meurt assassiné par Glycerius) et le dernier [**Romulus Aaugustule*], déposé par [**Odoacre*] et qui mourra bien des années plus tard sûrement au monastère Saint Séverin que sa mère à créé dans l’ancienne villa de Lucullus près de Naples.

[**Joël Schmidt*] ne fait pas que décrire la mort des Césars, il trace un vrai mémento de l’histoire de l’empire romain qui, devenu immense devient ingouvernable, toujours en butte contre des ennemis à ses frontières qui veulent piller mais aussi bénéficier de la richesse romaine, déchiré en interne par une « aristocratie » prétorienne à la vue courte qui ne pense qu’à son bénéfice personnel à court terme sans se préoccuper de la pérennité de l’état. On arrive à un véritable imbroglio politique, le peuple ne sait plus qui gouverne, la fin de l’empire voit une succession d’empereurs fantoches qui arrivent rarement à régner plus d’une année avant de se faire éliminer par celui qui les a portés au pouvoir :[** Ricimer*] est un acteur décisif dans l’accession au trône et dans l’élimination de [**Pétrone Maxime, Avitius, Majorien, Sévére III, Anthémius*]. Et puis il y la montée du christianisme, coupable de tous les mots pour certains car causant la désagrégation de l’empire en refusant les anciens dieux, mais qui sert certains contre ses ennemis comme [**Constantin*] contre[** Licinus*] ou [**Théodose*] contre [**Maxime*].

Pour ne pas rendre fastidieuses ces courtes biographies, Joël Schmidt souvent fait monologuer leurs protagonistes avant leur trépas, en quelque sorte un flash-back de leurs actions passées. Les Césars sont décrits comme des hommes, ayant les angoisses des hommes devant la mort : certains font preuve de lâcheté, de couardise, d’autres d’une grande dignité. Et de fait ces moments de mort ne sont là que pour nous inciter à lire des biographies plus détaillées des empereurs qui ont attiré notre attention, surtout ceux qui font maintenant partie des oubliés de l’histoire : non il n’y a pas eu qu’[**Auguste, Claude, Néron, Trajan, Titus, Constantin*] ou Théodose, il y a eu aussi [**Probus, Jovien, Macrin*] ou [**Anthémius*].

Et si on ne trouve pas, par exemple la mort de [**Galba*], d'[**Othon*] et de [**Vitellius*], si vous voulez connaître non la façon dont ils moururent (tous trois ont été assassinés), mais leur vie et leur court règne, il suffit de relire La vie des douze Césars de [**Suétone*].

[**Félix Delmas*]|right>


[**La mort des Césars
Joël Schmidt*]
éditions Perrin. 21€90


WUKALI 22/09/2016
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