An happening, a donkey dung crown for an ancient king, as a symbol of non sense and vacuity of contemporary art


[**Le Livre sur la Place*], le salon du livre de [**Nancy*], fonctionnait à plein régime et en était à sa deuxième journée, ce samedi 10 septembre 2016. Les pavillons de toile qui accueillaient la manifestation grouillaient de monde, la température était d’une chaleur accablante et inhabituelle pour cette fin d’été. Sur la place Stanislas étincelante de chaleur et rendue encore plus lumineuse sous le soleil, une foule de touristes attirés pas la renommée de son architecture et aussi par l’événement littéraire qui se tenait à proximité. Au centre, sur son piédestal la statue en bronze de [**Stanislas Leszczynski*], nommé duc de Lorraine et de Bar par son beau-père le roi [**Louis XV*], représenté vêtu d’un riche manteau d’apparat, le cimeterre au côté gauche et la main droite levée à l’horizontal. La foule est impressionnante, la sécurité est bien visible, une dizaine de policiers en uniforme positionnés dans le voisinage immédiat de la statue ducale.

A regarder de plus près; l’on aperçoit comme des statues installées devant la représentation du monarque, plus exactement des mannequins de vitrine portant d’étranges colliers ou des coiffures qui pourraient faire penser à des perruques. La forme de leurs composants est pourtant curieuse, nul doute il s’agit de crottin de cheval, d’âne apprendrai-je plus tard !

C’est l’happening de la Galerie du Loup et du mouvement CACA, l’occasion rêvée provoquée par ce salon du livre, qui attire une immense foule de visiteurs, pour se faire connaitre du grand public et de la presse. Il s’agit de réveiller les consciences et de dénoncer le prêchi-prêcha, la novlangue en matière d’art contemporain. La charte qui rassemble les artistes du mouvement CACA est tout à fois une analyse pertinente des dérives de l’art contemporain et une merveille d’humour.

Faisant face à la statue un groupe d’hommes s’affairent avec une échelle métallique, ils portent pour une partie d’entre eux un tee-shirt noir sur lequel apparaissent les lettres de l’acronyme CACA. [**Phil Donny*], l’inventeur du mouvement est à la manoeuvre, se saisissant d’un longue perche métallique de près de six mètres de long où est fixée à son extrémité une couronne, une tiare en or, ou plutôt en crottin d’or, du vrai de vrai, et droit produit par l’âne fétiche. La mission consiste à placer la couronne de crottin doré sur le sommet de la statue, la tête de Stanislas. Le symbole est magnifique, et le moment bien choisi .« Transformer la merde en or» comme le proclame haut et fort Phil Donny.

[**Stratégie du positionnement*].

Premier temps. Phil Donny en capitaine courageux monte à l’ escabeau tenant la perche d’une main. Tout doucement il hausse la perche où pend la couronne d’or pour tenter d’arriver jusqu’à la hauteur de la tête du Roi de Pologne déchu devenu souverain de Lorraine. Las, un peu court, l’on est bien loin d’arriver au sommet de la statue. La foule est dépitée…

Deuxième temps . Changement de stratégie. Conciliabule de CACA, l’équipe décide de déployer l’escabeau devenu échelle verticale, c’est trois mètres de plus de gagné. L’échelle est alors déplacée et posée contre le piédestal. Phil Donny monte, ses amis et complices maintiennent l’échelle bien en place, l’un deux même agrippe bien fermement Phil Donny portant le mat couronné. Silence ! Ce sont les soldats américains hissant le drapeau à Iwo Jima sous l’objectif de Joe Rosenthal ! Tout autour des encouragements joyeux. La perche prend de la hauteur, la couronne comme un poisson accroché à une ligne oscille au rythme des inclinaisons du mât. Plus haut, plus bas, plus à gauche, à droite ! Il s’agit de poser la tiare sur la tête de Stanislas. c’est à peu de choses près aussi difficile à réaliser que l’arrimage d’un Soyouz au vaisseau spatial!

La couronne s’approche du sommet de la satue, on y est presque, dans l’assistance on retient son souffle, voilà! Quand tout à coup, oubliant les lois de la physique, Phil Donny exerce une pression trop forte sur la perche qui ipso facto dans un mouvement de balancier entraine celle-ci, alourdie par sa charge, dans une direction diamétralement opposée … Enfer et damnations, dans son élan la tiare de crottin d’or de l’âne Bourriquet Belle Queue, s’écrase lamentablement sur la foule.! La farce est terminée. Je pense à la merda d’artista de Piero Manzoni !

Des mariés et leurs invités juste sortis de la cérémonie d’union organisée à l’Hôtel de ville voisin, posent pour le photographe devant les oeuvres d’art, les mannequins décorés… (Rires !)

[**Moralité:*] La Fontaine a encore raison, Bourriquet ! Le crottin d’or des petits ânes n’arrive pas à triompher de la rapacité des grands de ce monde

[**Pierre-Alain Lévy*]


WUKALI 12/09/2016
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