Don’t let him go !


A l’approche des élections américaines de novembre, l'[**Amérique*] semble s’enthousiasmer pour un OVNI de la politique nommé [**Donald Trump*]. Quelles sont ses visions de la géopolitique mondiale ? Examinons ses idées de plus près au regard de ce qu’est la situation internationale aujourd’hui.

Détestant jouer les Cassandre mais étant bien obligé de constater les faits, je dois admettre que la situation internationale subit une dérive dangereusement catastrophique : depuis [**Hitler*], nous n’avons jamais été aussi proche d’une explosion générale.

Regardons les événements en face, soyons honnêtes et arrêtons la politique de l’autruche :

– [**Le développement de l’arsenal nucléaire nord-coréen*], au mépris de décisions onusiennes nullissimes et impuissantes comme de sanctions absurdes et inopérantes induites, fait courir des risques insensés au monde. Le dictateur local, complètement paranoïaque et mégalomane, n’ayant qu’une idée en tête : asseoir son pouvoir, et celui de son clan, en vue de créer« un Reich de mille ans  » quasi éternel. Disposant d’un droit de vie et de mort sur tous ses « sujets » abrutis par un matraquage de propagande stalinienne, il est en train de gagner son pari. Et nous laissons faire ! Il ne faut pas être bien malin pour comprendre la suite, lorsque son armée ( 25 pour cent de la population) aura un arsenal suffisant, en gros d’ici 5 ans : ce sera le chantage à la destruction atomique !

Vous m’objecterez que le maniaque de [**Pyongyang*] ne possédera jamais assez d’armes thermonucléaires pour détruire le reste du monde ? C’est vrai, mais je doute fort que les démocraties ne cèdent pas, sur l’essentiel, aux volontés du despote : reconnaissance du fait nord-coréen et statut-quo politique, assistance alimentaire, médicale voir coopération pour éviter le pire ! Ce qui rappelle directement la fin des années trente…

– L'[**islamisme radical,*] et pas seulement [**Daesch*], qui empoisonne l’humanité. Ce cancer mondial se généralise avec les métastases qu’il implique : le terrorisme et les meurtres de masse. Nul ne peut prédire vers quelles extrémités il va nous entraîner. La seule certitude, c’est que les exactions,[** salafistes*] mais pas uniquement ( [**Al-Qaïda,*]etc…), vont se multiplier.

Essayer de détruire la racine du problème sur le terrain comme le fait la coalition internationale actuellement, même si c’est nécessaire, ne sera pas suffisant : vu les développements récents et les ramifications internationales de ces organisations de la terreur, il est beaucoup trop tard pour cela !

Ne nous leurrons pas : les peuples musulmans approuvent, en partie tout au moins, les actions des extrémistes… Et leurs dirigeants le savent parfaitement. Ils doivent donc composer avec la nébuleuse salafiste de leur société.

De ce point de vue, on n’a pas assez noté ce qui s’est passé en [**Turquie*] au moment de la tentative de coup d’état : c’est le peuple qui s’est battu en se jetant sur les chars. Il a vaincu les militaires putschistes et ramené [**Erdogan *] au pouvoir. Que cela nous plaise ou non, ce président est populaire. Naturellement, nous faisons semblant de ne rien voir…

Le remède miracle n’existant pas, il va nous falloir une intelligence inhabituelle pour inventer des solutions aux divers aspects du problème. Il est bien évident que le pragmatisme le plus poussé doit être la base de toute réflexion sur le sujet. Nous avons trop tendance à théoriser, à confier la gestion intellectuelle du chapitre à de soi-disant « autorités morales » inefficaces. Aurons-nous le courage de faire face ?...

– [**Poutine,*] et sa [**Russie *] agressive, qui ne pense qu’à la reconstitution de «  l’Empire » soviétique. Certes, l'[**URSS *] n’existe plus, mais la remise en ordre par l’autocrate « élu à vie  », ancien agent du défunt [**KGB*], a fait renaître le danger à l’est : [**Biélorussie, Anciens territoires d’Asie centrale*], du [**Caucase,*] vassalisés avec l’aide de tyrans locaux , [**Géorgie *] et [**Ukraine*] démembrés, la menace plane sur les [**Pays Baltes*] et sur la [**Moldavie.*] Même la [**Pologne*] est aux premières loges ! D’où le rétablissement du service militaire obligatoire dans les pays concernés. Ce qui est notoirement insuffisant ! Comment imaginer que dix ou douze millions de Baltes, voire quarante millions de polonais, puissent résister à la machine de guerre russe ? C’est impensable sans aide extérieure. D’autant plus que des minorités russophones importantes existent en[** Lituanie, Lettonie*] et[** Estonie*]. Or ces pays sont devenus membres à part entière de l'[**OTAN *] comme de la communauté européenne. Ils bénéficient donc de la GARANTIE occidentale, c’est-à-dire du parapluie américain…Tant que les [**États-Unis*] le conçoivent…

[**Obama*] a fini par percevoir et admettre la duplicité russe. Le résultat immédiat ? Les manœuvres militaires conjointes avec les Baltes et les Polonais. Le message à Poutine étant très clair, ce dernier s’est abstenu de toute riposte et de toute escalade. Poutine étant un dirigeant qui ne comprend rien d’autre que le rapport de force, il est allé exercer ses petits talents ailleurs, en[** Syrie*] spécialement…Nul ne sait ce qui va sortir de ce bourbier invraisemblable qui n’aurait jamais du se produire…Si nous n’avions pas eu la lâcheté de laisser faire…

Tout cela n’est guère brillant mais la situation en[** Europe*] paraît relativement figée, militairement parlant au moins. L’instabilité chronique de ce continent ayant des causes très diverses : historiques, économiques, juridiques, politiques et, plus récemment, migratoires. Ce dernier aspect semble ingérable et insoluble. Sur ce sujet, le côté irrationnel l’emporte. Les solutions à l’emporte-pièce des populistes de toutes origines, simplificatrices et unanimistes au possible mais ridiculement inadaptées à nos sociétés humanistes, sont celles qui attirent le plus les peuples au premier abord… Un zeste de réflexion a posteriori elles leur apparaissent dérisoires, les états européens ne disposant pas de pouvoirs exécutifs forts puisqu’ils sont soumis au suffrage universel…Dieu merci, la tradition démocratique est solide en Europe.

Mais cet équilibre fragile repose sur un postulat : la puissance américaine. Or les élections vont y avoir lieu en novembre prochain. Si la candidate démocrate Hillary [**Clinton*] incarne cette tradition et cette vocation de l’Oncle Sam, son adversaire républicain [**Donald Trump*], donné vainqueur par les derniers sondages, est aux antipodes de cette vision du monde. 
Quel est son programme ? Repli sur soi, retrait des troupes US d’Europe si les états du vieux continent ne payent pas pour, et même dans ce cas refus de garantir l’indépendance des [**Pays Baltes*] en cas d’entrée des troupes russes sur leur sol, voire celle de la [**Pologne *] ! Continuons cette litanie lamentable : admiration pour [**Poutine*] avec qui il veut faire « un deal », sympathie, voire plus, pour le monstre assoiffé du sang de ses opposants qui dirige la [**Corée du Nord,*] fermeture des frontières américaines aux importations chinoises, expulsion de millions d’immigrés clandestins latinos-américains, etc…etc…

Vous êtes le roi des imbéciles, Donald Trump ! Que croyez-vous que vos idées, si par malheur vous étiez élu, provoqueraient ? Et bien, voyons cela :

-[**Le retrait des troupes US d’Europe*] laisserait le champ libre à votre ami Poutine qui ne se priverait pas de menacer le continent, peut-être même à attaquer militairement ce « ventre mou du fric facile et du n’importe-quoi », incapable de se défendre pense-t-il… Est-ce faux ? Seule une situation réelle de ce type pourrait le prouver ou non… Répondre de manière définitive à la question est impossible aujourd’hui, sauf en cas d’une attaque directe contre les Baltes…

-[**Le refus de garantir les Baltes et les Polonais*] provoquerait, inévitablement, une offensive russe contre les premiers au secours desquels les Polonais se porteraient immanquablement : l’existence de leur nation étant en jeu, ils n’auraient pas le choix. Les autres peuples des anciens états-satellites de l’URSS ne pourraient que suivre. [**Allemagne*] et [**France*] devraient alors agir…Sous peine de mort…Entraînant ce qui resterait de l’Europe : [**Italie, Espagne*], Peuples balkaniques et… le [**Royaume-Uni.*].. Nul ne peut savoir jusqu’où l’enchaînement des circonstances pousserait les événements…

-[**Faire « un deal » avec Poutine ? *] Çà durerait peu de temps ! Le temps que cela arrangerait l’absolutiste du [**Kremlin*]… Après quoi, après avoir avalé et digéré nombres de pays étrangers, la marche en avant russe continuerait. D’ailleurs, un des ministres russes n’a-t-il pas affirmé, mi-figue, mi-raisin : «  nos chars pourraient être à Berlin en trois jours !»…

-[**Sympathie pour le tyran de Corée du Nord ?*] Il ne se sentirait plus d’étaler sa force et finirait par s’en prendre à son voisin [**Sud-Coréen*], voire au [**Japon*].

-[**Fermer les frontières américaines*], en doublant les droits d’importations, aux produits chinois ? Comme la [**Chine*] a acheté la plupart de la dette américaine, la réplique ne fait aucun doute : mettre sur le marché une part de la dette pour faire s’écrouler le dollar, sans se mettre en danger elle-même !

-[**Virer dix millions de latinos et autres immigrés ?*] Qui travaillera dans le textile, dans les travaux publics et dans bien d’autres domaines ? La conséquence d’une mise en pratique de cette décision, dans la mesure où la législation américaine le permet (ce qui est à vérifier), serait un effondrement des valeurs boursières, par manque de personnel faisant « le sale boulot », et une disparition de la classe moyenne que vous voulez protéger, parait-il…

[**Donald Trump, vous êtes un messie de vespasienne ! *]Vous serez le fossoyeur des démocraties. Si vous imaginez que l'[**Amérique*] peut se passer des débouchés extérieurs pour écouler ses produits, y compris militaires, vous êtes un malade mental. Si vous pensez que l’Amérique peut se replier sur soi en abandonnant ses responsabilités internationales, vous êtes un criminel qui assassinera son pays en livrant les autres démocraties aux dictateurs totalitaires ! Et qui ne comprendra pas comment une telle chose à pu arriver…Vous me faîtes penser à [**Néron*] s’écriant, avant de se suicider à l’approche des prétoriens révoltés : [**« Quel artiste meurt avec moi ! »*]…

Laissez-moi vous rappeler ce que [**Winston Churchill*], s’exprimant aux Communes après les[** Accords de Munich*] de 1938, a répliqué à [**Chamberlain*] qui avait signé ledit traité :

«[** Entre le déshonneur et la guerre vous avez choisi le déshonneur…Vous aurez la guerre ! »*] (« You were given the choice between war and dishonor. You chose dishonor, and you will have war.”)

Comme chacun sait la Deuxième Guerre mondiale éclata un an plus tard, en 1939…

Alain Fabre


WUKALI 11/09/2016
*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com

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