Once installed Place Vendôme when it was called Place Royale


En 1685 [**Louvois*], alors ministre de la guerre, décide la création d’une nouvelle grande place à Paris. Ce sera la place Vendôme qui suivra le projet de [**Jules Hardouin Mansart.*] Les façades des immeubles que l’on y voit aujourd’hui datent du XVIII ème siècle. C’est une place royale, ce qui signifie qu’en son centre figure la statue équestre du roi. Elle sera créée par[** François Girardon*] (1628-1715). Avec le piédestal, la sculpture atteignait les 17 mètres de hauteur. Elle seule mesurait 7 mètres. Elle fut détruite en août 1792 parce que représentation de l’absolutisme comme de la tyrannie royale. Cela se passait juste après la chute de la royauté du 10 août et peu avant les massacres de septembre de cette année difficile.

Existent quelques réductions fondues à l’époque par Girardon. La seule qui soit signée, avec une superbe ciselure, est celle conservée au musée du Louvre dont la taille dépasse le mètre.

L’artiste travailla sur le modèle de 1685 à 1687. Sur la réduction du Louvre, Louis XIV est en empereur romain mais il montre une large perruque bouclée, typique de son époque. Le cheval marche la patte antérieure droite levée, il ne porte ni selle ni étriers. L’artiste s’est inspiré du Marc-Aurèle antique sur la place du Capitole de Rome, en doublant l’échelle : sept mètres contre quatre.

Manteau de commandement, armure historiée, épée d’apparat au flanc et tapis de selle bordé de fleurs de lys dénoncent l’origine royale du cavalier dont le visage est immédiatement reconnaissable. Ses pieds nus porte de simples sandales à la romaine. Louis incarne le monarque absolu : buste raide et droit, regard allant au loin, moue méprisante, dans un geste sans réplique il montre la direction à prendre. Le destrier piétine bouclier et glaive d’un ennemi écrasé. Il possède une forme classique noble et monumentale. L’ensemble cheval-cavalier en impose par la majesté qui s’en dégage et que ressent le spectateur. Mais le souverain n’est plus jeune avec son visage fripé à la peau flasque et ses bras aux veines apparentes. En observant bien sa figure, un certain ennui, voire de la tristesse en émanent, l’expression de la tête de l’animal est au diapason de celle du souverain : œil triste et ennui y sont tout aussi évidents. A la perruque royale répond la crinière au vent du quadrupède.|center>

On remarquera que le cavalier est bien trop grand par rapport à son cheval et qu’aucune osmose n’existe entre eux. Pourquoi s’en étonner ? C’est le Roi-Soleil que l’on révère ici !
Le manque de vie de la bête comme l’apparente inertie intellectuelle de l’autocrate Louis XIV étonnent le spectateur. Faut-il comprendre que tous ces éléments négatifs n’existaient pas dans le monument lui-même ? Nous ne le saurons jamais…

En ce temps-là, les fondeurs français maîtrisaient imparfaitement les techniques de fabrication d’une statue-équestre, leurs confrères italiens le faisaient mieux mais celle-ci offre une particularité inventée de toute pièce par le fondeur : c’est en décembre 1692 que Balthazar Keller, d’origine suisse, réalisa la fusion, par la méthode dite : «  à la cire perdue ».* (voir en détail la technique*)  : cheval et cavalier furent fondus D’UN SEUL JET.

Il fallait que la coulée se fasse d’un seul jet, en continue. Ce qui nécessitait que le métal en fusion se répande dans toutes les parties de l’énorme moule où s’engouffrèrent 80.000 livres de bronze. Le succès fut total et unanimement apprécié.

Plusieurs statues équestres de Louis XIV furent inventées par différents artistes mais aucune n’est parvenue jusqu’à nous car elles furent toutes détruites sous la Révolution…

Jacques Tcharny


[* À suivre… *]le 9ème article de cette série : [**Coysevox. La Renommée et Mercure *], parution prévue : Jeudi 8 septembre


Récapitulatif des articles déjà parus dans cette étude de Wukali sur la statuaire équestre

[**Marc Aurèle*]

[** Les Chevaux de Saint Marc*]

[**Donatello: Le Gattamelata*]

[**Verrochio : Le Colleone*]

[**Leonard de Vinci : Le cheval Sforzza et le monument Trivulzio*]

[**Pietro Tacca : la statue équestre de Philippe IV*]

[**Bernin. Louis XIV en Marcus Curtius*]


WUKALI 31/08/2016
*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com

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