A « fauve » painter under the Mediterranean sun


«[** Camoin dans sa lumière*] » au [**musée Granet*] d’Aix-en-Provence, l’exposition qui vient d’ouvrir au musée Granet d’Aix-en-Provence rassemble plus de 90 peintures et 40 dessins, aquarelles et pastels de l’artiste.

.
[**Charles Camoin*] est né en 1879 dans le Marseille industrieux tourné essentiellement vers l’empire colonial français. En 1903 il s’installe à Paris, puis commence à se faire connaître en participant à différents salons, Salon des Indépendants, Salon d’Automne c’est d’ailleurs là en 1905 qu’avec d’autres peintres
il y exposera et naitra le [**Fauvisme*].

En 1908, il fait la connaissance d’un passionné d’art, galeriste et marchand d’origine allemande, le jeune [**Daniel Henri Kahnweiler,*] qui lui permettra de faire connaître ses oeuvres en Europe comme aux Usa. Cela au demeurant contribuera à faire connaitre Camoin chez les jeunes artistes allemands à la recherche d’un ancrage artistique et tout particulièrement français et ses toiles trouveront de nombreux acheteurs outre-Rhin. L’exposition qui vient d’ouvrir au Centre Pompidou-Metz, Entre deux horizons rend parfaitement compte de cela.

Il appartient à cette génération d’artistes qui font la charnière entre le XIXe et le XXe, époque de tous les bouleversements qu’ils soient techniques, philosophiques ou artistiques.

Il est très proche de [**Matisse, Manguin*] et [**Marquet*] qu’il a rencontrés aux Beaux-Arts de Paris. Camoin est associé au fauvisme et il est le seul des fauves à avoir noué une relation forte avec[** Cézanne.*] Certains ont pu dire que Camoin était le plus cézannien des fauves… S’il fait vibrer la couleur et lui donne des variations intenses, il réintroduit aussi le noir

Ils sont nombreux à avoir découvert les rivages méditerranéens, leurs couleurs qui seront à l’origine d’expérimentations chromatiques incroyables. Ils se retrouveront, s’encourageront, et travailleront parfois sur le même motif. Comme d’autres avant lui, il découvre le soleil du Maroc, visite [**Tanger*]. où il retrouve Matisse (1912-1913) On se rappelle tous les Carnets du Maroc d'[**Eugène Delacroix*] (1832), ses dessins comme les toiles qu’il fit s’inspirant de ce qu’il avait vu. Il en sera de même moins d’un siècle plus tard pour Camoin. Cependant à son retour en France, c’est la déprime, et Camoin détruit un certain nombre de toiles dans son atelier de la rue Lepic, il les jette sur la voie publique. Un chiffonnier les découvre, le Père [**Soulier*], un marchand quasiment voisin et habitant la rue des Martyrs. Grâce au ciel (de Méditerranée!) les peintures sont récupérables, restaurées et vendues au Marché aux Puces. L’histoire nous est bien connue et relatée par [**Guillaume Apollinaire*] dans un article publié dans Paris-Journal à deux semaines de la déclaration de guerre de 1914.

Avec Camoin, c’est un corps à corps avec le soleil où ol excelle. Calanque, golfe, terrasse, pins parasol, palmiers, villages éblouissants de lumière. Soleil implacable. Camoin domine la situation et va jusqu’à intensifier les contrastes, parfois jusqu’à l’invraisemblance.

C’est une exposition qui joue sur la couleur, sur l’exaltation de la lumière du midi, la sensualité dans ses rochers bleus ou mauve, cette mer turquoise ou émeraude, ses arbres roses, ou encore ses troncs orangés. Matisse écrira à propos de Cézanne «  j’ai su beaucoup de choses de lui par Camoin…« 

Charles Camoin, contrairement à Cézanne, fait partie de ces artistes dont l’oeuvre a été vite connue en Europe, particulièrement en Allemagne où elle a été remarquée par des artistes d’avant-garde comme[** Macke*] ou encore[** Kirchner.*] Dès 1907, ses peintures ont été exposées et commentées dans les expositions d’art moderne de Berlin, Francfort, Cologne ou Munich et les lettres qu’il a reçues de Cézanne traduites dans la presse allemande.

Avec cette exposition, le visiteur traverse les différents moments fondamentaux de l’histoire de l’art et suit les chemins empruntés par Camoin. A découvrir également des œuvres de Cézanne, Matisse, Manguin et Marquet. Cette exposition propose ainsi de faire découvrir l’œuvre de Camoin depuis sa fréquentation de l’atelier de [**Gustave Moreau*] et du groupe Matisse, sa rencontre avec Cézanne, ses années fauves, sa relation avec l’artiste[** Emilie Charmy*], jusqu’à son séjour au Maroc avec Matisse et sa vision de la Méditerranée, éblouissante et douce, chatoyante et contrastée. Cette vision que le visiteur peut partager jusqu’au 30 octobre au musée Granet.

Pétra Wauters


« Camoin dans sa lumière » au musée Granet d’Aix-en-Provence.

Jusqu’au 2 octobre 2016.


WUKALI 01/07/2016
*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com
Illustration de l’entête: Charles Camoin, Les Calanques de Piana, 1910
Huile sur toile, 64 × 81 cm. Collection particulière. © www.alexandrelaurent.be / photo P. Scheys. © ADAGP, Paris 2016

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus