Have you ever heard « Louise », an opera composed by Gustave Charpentier ? Pure beauty !


Suite de notre série consacrée à la musique vériste. Un rapide coup d’oeil panoramique hors d’Italie, puis un examen attentif de la musique en France.

En Allemagne, l’opéra Tiefland (1903) d’Eugen d’Albert (1864-1932), tiré d’un roman espagnol, présente des caractères véristes assez frappants : Pedro, berger du cossu Sebastiano, reçoit de ce dernier l’ordre d’épouser Martha, maîtresse de ce patron qui doit faire un riche mariage mais entend ne pas rompre avec la jeune femme. Pedro tue le triste sire et se réfugie dans la montagne avec son troupeau et Martha. La musique est plus proche de Catalani que de Mascagni.

Der Evangelimann (L’Évangéliste), 1895, de l’autrichien Wilhelm Kienzl (1857-1941), est une sombre tragédie qui mêle vie monastique et désordres amoureux. Incendie et meurtre pimentent l’action qui s’achève sur un pardon général. L’oeuvre a attiré l’attention de chefs d’orchestre (par ailleurs compositeurs) comme Richard Strauss et Gustav Mahler. Mais elle a pratiquement quitté le répertoire des théâtres actuels.

À l’inverse, de plus en plus en vogue, Jenůfa (1904) de Leoš Janáček (1854-1928), s’affiche dans un nombre grandissant de salles d’opéras. L’oeuvre s’inspire d’un tragique infanticide dans un milieu paysan de Moravie. Les sentiments sont mus par les motivations les plus basses : intérêt sordide, lâcheté abjecte, stupidité bestiale. Ceci sur les rythmes de chants choraux et de danses folkloriques qui charment l’oreille. Ce qui ajoute au trouble que peut éprouver l’auditeur devant l’étalage simultané de tant de bassesse humaines et de réelles qualités musicales. Il ne s’agit plus simplement de tableau réaliste mais d’une manière de pénétrer plus avant dans les mystères de l’âme humaine.

On pourrait ajouter dans cet esprit les opéras de Kurt Weill, de Chostakovitch (Lady Macbeth de Mensk, 1934), de Britten (Peter Grimes, 1945). Mais pour ces deux derniers l’univers musical transcende la nature du sujet traité.

[** Le Naturalisme français *]

Il eût été étonnant que le réalisme et le naturalisme français, qui ont eu une telle importance, même de façon indirecte, pour le vérisme italien, n’aient eu aucune influence sur l’opéra français. Le naturalisme se présente comme une étude physiologique des êtres vivants, une observation in vitro d’échantillons humains, selon les méthodes expérimentales du docteur Claude Bernard. À la source, Les Soirées de Médan, recueil publié en 1880 par un collectif d’écrivains groupés autour d’Émile Zola, dont les six nouvelles s’inspirent des souvenirs de la guerre franco-allemande de 1870. Le naturalisme, et sa continuation naturelle, le vérisme, s’affirme comme l’esthétique du vrai, et se consacre à « l’imitation de la nature en toutes choses », pour reprendre la définition de l’Académie des beaux-arts au dix-septième siècle. Mais il s’agissait alors d’imiter « la belle nature », alors que dès 1865, les frères Goncourt, précurseurs en ce domaine, s’intéressaient à un cas pathologique, dans Germinie Lacerteux, personnage inspiré par leur servante atteinte d’érotomanie.|right>

[**Jules Massenet (1842-1912)*]

Aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd’hui, le compositeur français le plus influent pour le naturalisme musical, et qui ne manqua pas d’attirer l’attention de Mascagni et de Leoncavallo, fut Jules Massenet.

Il eut pour élèves les principaux représentants français de ce courant qui, à la suite d’Émile Zola, tourna le dos aux chimères du romantisme pour peindre les réalités, fussent-elles triviales : Alfred Bruneau, Gustave Charpentier, Xavier Leroux. Le maître lui-même a écrit deux oeuvres que l’on peut classer dans cette catégorie : La Navarraise et Sapho.

Le premier est un bref opéra en deux actes, tiré d’une nouvelle de Jules Claretie, La Cigarette. Créé à Londres en 1894, il raconte un épisode des guerres carlistes de 1874, qui se déroule près de Bilbao. L’héroïne d’origine modeste est amoureuse d’un jeune homme dont le père, riche fermier, s’oppose à leur mariage. Croyant obtenir une forte récompense qui lèverait l’interdit, la jeune fille se glisse dans les lignes ennemies pour tuer un chef redouté. Mais à son retour, elle trouve l’homme qu’elle aime blessé à mort et devient folle. La critique française accueillit l’oeuvre froidement en 1895. Comme elle présentait un interlude musical entre les deux actes, à la manière de Cavalleria rusticana, La Navarraise fut surnommée par dérision Cavalleria española ou Calvélleria rusticana, jeu de mot sur le nom de la créatrice Emma Calvé, par ailleurs célèbre Carmen. C’est à la demande de cette dernière que Massenet écrivit le second opéra, tiré d’un roman éponyme, en partie autobiographique d’Alphonse Daudet et représenté en 1897, le même jour que la création de L’Arlesiana de Cilea. L’action se passe dans les milieux bohèmes des artistes parisiens. Un jeune provençal tombe amoureux d’un modèle mais il ne peut oublier son passé de femme libre. Elle partira pour mettre fin à une vie impossible. La cruauté est moins dans les situations que dans la peinture réaliste d’une jalousie destructrice entre deux êtres trop dissemblables. Il faut noter le langage familier prêté aux protagonistes.|left>

Ces deux oeuvres ne font pas partie des plus grandes réussites du Maître mais elles témoignent de l’air du temps et de l’éclectisme du musicien.

[**Alfred Bruneau (1857-1934)*]

Disciple de Massenet, second prix de Rome, critique musical au Gil Blas (1892-1895), puis au Figaro et au Matin, Bruneau a été premier chef à l’Opéra-Comique entre 1903 et 1904. En 1900, il est nommé membre du Conseil supérieur du Conservatoire de Paris, et en 1909 il devient inspecteur de l’instruction musicale à la place d’Ernest Reyer. Il a fait des tournées en Russie, en Angleterre, en Espagne et aux Pays-Bas où il a dirigé ses oeuvres. Son rôle est déterminant pour introduire le réalisme sur la scène lyrique française. En 1888, il avait fait la connaissance d’Emile Zola. De leur amitié naquit une collaboration qui dura près de quinze ans, jusqu’à la mort de l’écrivain. Les deux amis se sont employés à développer une conception générale et généreuse de la vie humaine, tandis que Charpentier se limite avant tout à la seule vision de la vie de bohème. Avec Bruneau, on entend le lyrisme du pauvre : il a fait chanter des chiffonniers philosophes, des boulangers prophétiques, des pêcheurs apostoliques mais en leur mettant dans la bouche des sentences d’exégètes. S’inspirant des romans de Zola dans ses drames lyriques, il reste le compositeur le plus représentatif de l’esthétique naturaliste. Ses opéras transcendent la matière première des romans et Zola lui-même dut se plier à des modifications significatives à partir de ses livres. L’écrivain s’engage dans la création lyrique par réaction contre la musique jugée vide de sens. Ses livrets d’opéras auront tous une portée symbolique par la réflexion sur le sens de la vie et sur la condition humaine. Zola rejette les brumes germaniques et la métaphysique : le naturalisme et le vérisme concentrent sa latinité. Ils expriment la passion d’êtres de chair et de sang, leurs souffrances et leurs joies. Le mythe de Faust, abstrait, nordique et germanique, s’oppose au mythe de Don Juan, latin et méditerranéen, charnel, physiologique et passionnel.

Zola lui-même dans une lettre adressée à un critique écrira : « Dites-le, soyez franc, vous ne voulez pas de moi dans le temple de Parsifal, et vous avez raison […] car tout mon sang de Latin se révolte contre ces brumes perverses du Nord et ne veut que des héros humains de lumière et de vérité.» Bruneau reprend certains romans ou nouvelles de Zola : Le Rêve, 1891, histoire d’une pauvre enfant abandonnée, qui rêve d’amour mais qui est victime de la perfidie d’un évêque ; L’Attaque du moulin (1893), tirée d’une nouvelle des Soirées de Médan (1880), qui traite du conflit franco-prussien de 1870, mais pour des raisons de censure, l’histoire au théâtre sera transposée au temps de la Révolution, car c’est une dénonciation des méfaits de la guerre et de sa stupidité. Zola lui propose également des sujets inédits dont l’écrivain rédige les livrets : Messidor (1897), sorte de décalque de L’Or du Rhin, histoire de paysans ariégeois assoiffés par le riche industriel Gaspard que tue Mathias par vengeance ; même la nature prend parti en provoquant une inondation qui rase l’usine et rend sa fécondité à la terre à nouveau irriguée. C’est un échec. Il en sera de même pour L’Ouragon (1901) et pour L’Enfant roi (1905), Naïs Micoulin (1907), Les quatre journées (1916), et Lazare (créé à titre posthume en 1954). Bruneau s’inspira également d’Hans Christian Andersen (Le Jardin de Paris, 1923) et de Victor Hugo (Angelo, tyran de Padoue, 1928, déjà utilisé par Almicare Pionchelli pour sa Gioconda en 1876).|right>

Jacques Bourgeois s’interrogeait : « Ces ouvrages méritent-ils l’oubli total d’aujourd’hui ? Bruneau y a chanté le travail humain, l’amour de la terre avec des accords d’un réalisme musical un peu fruste mais d’une sincérité véritable. »

[**Xavier Leroux (1863-1919) *]

Leroux remporte, en 1885, le Premier Prix de Rome. Il sympathise avec Claude Debussy à la villa Médicis. Devenu professeur d’harmonie au Conservatoire à partir de 1896, il dirige également la Revue Musica. Outre quelques oeuvres de musique sacrée et quelques motets, il écrit avant tout de la musique de théâtre, qu’il s’agisse de musiques de scène (Les Perses d’Eschyle, Pluton d’Aristophane, La Sorcière de Sardou, ou d’opéras. Son chef-d’oeuvre (et son plus grand succès) est incontestablement Le Chemineau (1907), sur un livret de Jean Richepin (1849-1926), représenté 106 fois à l’Opéra-Comique jusqu’en 1945.

La partition simple et expressive, dans l’esprit de la poésie de Richepin, porte-voix des pauvres et des humbles, est pleine de chaleur et de vie selon Albert Carré, directeur de l’Opéra-Comique et metteur en scène de la pièce. Le succès fut grand en province. C’est l’histoire d’un homme qui chemine le long des chemins, vivant de la force de ses bras pour les travaux qu’on lui offre. Il séduit la jeune servante d’une ferme, convoitée par
un autre. Mais il reprend son chemin. Revenu vingt ans plus tard, il découvre qu’il a un fils, reconnu par son rival. Celui-ci en mourant lui révèle la vérité et le supplie d’épouser sa veuve, mère de l’enfant. Le chemineau reprendra cependant son chemin et sa liberté, une fois qu’il aura permis par son travail à son fils d’épouser la fille du fermier.

[**Gustave Charpentier (1860-1956)*]

Charpentier, né à Dieuze en Lorraine et fils d’un boulanger, quitte avec sa famille la région pour Tourcoing en 1870, au moment de l’Annexion. Il prend des cours de violon et, en 1876, entre à l’orchestre symphonique municipal. Embauché dans une filature, il fonde une société musicale et enseigne le violon à son employeur qui finance son entrée au conservatoire de Lille.|left>

Devant ses résultats, la ville lui alloue en 1879 une pension annuelle pour lui permettre de suivre les cours du Conservatoire national de Paris. Il prend goût à la vie montmartroise, à la bohème et manifeste une certaine rébellion contre l’autorité, ce qui lui vaut d’être écarté du conservatoire. En 1887, il obtient cependant le premier grand prix de Rome pour sa cantate Didon. Pensionnaire indocile de la Villa Médicis, il y compose des Impressions d’Italie et La vie du poète, sorte de version naturaliste du Lelio romantique de Berlioz, admirée par Charles Gounod. Cette oeuvre représente la première manifestation d’une tendance populiste, qui cherchait une musique écrite pour le peuple, destinée non à le flatter, mais à élever ses sentiments comme, sur un autre plan, les Universités populaires. Très préoccupé par les questions sociales, Gustave Charpentier fonde, en 1902, le Conservatoire populaire de Mimi Pinson, nom d’une héroïne d’Alfred de Musset où les jeunes ouvrières pouvaient recevoir une instruction musicale gratuite. Avec Alfred Bruneau, il crée la Fédération des artistes musiciens affiliée à la CGT (1902). En 1912, promu officier de la légion d’honneur (il en sera fait Grand officier en 1950), il succède à Massenet à l’Académie des Beaux-Arts. Charpentier tenta d’introduire avec son Conservatoire et ses Fêtes du peuple, la musique instrumentale, et surtout chorale, dans les réjouissances populaires. C’est à cette intention qu’il écrivit le Couronnement de la Muse qu’on retrouve dans Louise.

**[**Louise, manifeste libertaire*]

C’est à Rome que Charpentier compose le premier acte et pratiquement tout le livret de Louise. Dans un style réaliste, audacieux pour l’époque, teinté d’idéologie anarchiste, il raconte les amours libres d’une cousette avec un poète sans le sou et adepte de la vie de bohème, dans le Montmartre contemporain. Ce roman musical, montre la vie dure des ouvriers, comme celle du père de l’héroïne qui prêche à sa fille les joies humbles d’une vie de labeur, quand elle ne rêve que de liberté et de plaisir amoureux. Elle s’échappera du carcan familial et sera couronnée « Muse de la butte Montmartre ». Louise est l’opéra des midinettes parisiennes, des jeunes arpettes à la langue verte. Les rêves de la jeune femme se heurtent aux conventions et au pragmatisme d’une mère sévère. En écoutant les appels de la ville de Paris, véritable personnage et héros mythique de l’opéra, elle fait le choix de la vie de bohème.


André Messager, directeur de la musique à l’Opéra-Comique, avait dû lutter pour faire admettre cette oeuvre au caractère si neuf. Albert Carré marqua sa nomination à la direction de l’Opéra-Comique de Paris avec la création de Louise , le 2 février 1900, avec un immense succès : en 1950, on approchait de la millième représentation. Paul Dukas dira : « Le premier acte, et surtout le quatrième, sont déjà d’un maître. Les deux autres d’un homme. Prodige rare par le temps qui court, où nous entendons tant de soi-disant oeuvres d’art dont les auteurs ne sont ni des hommes, ni des maîtres, ni hélas des artistes. » Le 30 avril suivant, Carré distribua 400 places gratuites aux couturières parisiennes. Charpentier devint l’un des plus populaires parmi les musiciens français car il savait décrire avec justesse les joies et les souffrances du peuple grâce au caractère direct et le mouvement pittoresque (« Les Cris de Paris ») de sa musique. Celle-ci dégage une sympathie sincère pour le peuple de Montmartre dont le compositeur partagera la vie jusqu’à sa mort.

Charpentier est, avec Bruneau, « le créateur de l’opéra en prose », avec ses mots d’argot, ses expressions triviales qui scandalisèrent bien des spectateurs ; « l’inventeur de l’opéra « en blouse » avec ses ouvriers en costume de travail, ses silhouettes de chiffonniers, de sergents de ville.» Si Bruneau, tout en dénonçant les horreurs de la guerre, défend toujours une morale généralement partagée, Charpentier chante la volupté des sens qui pousse Louise, éperdue de désirs, à quitter père et mère pour suivre Julien. Ce poète philosophe prêche le droit au bonheur. Montmartre devient le centre universel d’une fête où sont dénoncés tous les devoirs que famille et société imposent à l’individu. Charpentier recrée en fait une utopie libertaire. Sa musique, notamment dans le grand air de Louise, exprime une sensibilité romantique portée par une ligne mélodie naturellement fluide, frémissante, avec un travail harmonique cependant savant. Ce lyrisme est même sensible dans les scènes « réalistes », plus prosaïques, des ouvrières à l’atelier et s’impose dans l’émouvante berceuse du père.

L’entrée en scène de son « Plaisir de Paris » et le couronnement de son héroïne accédant à un Parnasse populaire, résument clairement l’idéologie qui l’a guidé dans la
composition de ses deux ouvrages dont le second, Julien, n’a pas connu la fortune éclatante du premier : exalter la vie d’un peuple libéré, maître de son destin.
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Louise devait être le premier volet d’une trilogie. En 1913, le second volet, Julien ou la vie du poète, a un grand succès, interrompu par le départ soudain du ténor pour Bruxelles.

La première guerre mondiale ne permettra pas de remonter l’ouvrage. Charpentier annonce une autre trilogie formée de trois opéras en 2 actes : L’amour au Faubourg, Comédiante et Tragédiante. Aucun n’a été mené à bien. On cite parfois L’amour du Faubourg comme troisième volet qui aurait dû compléter Louise (Roman musical) et Julien (drame lyrique). Mais on mentionne aussi le projet d’un opéra Marie, fille de Louise pour compléter Louise et Julien.

Après avoir travaillé à la transposition – orchestration et coupures – de ses oeuvres les plus célèbres pour la radio, en 1938-1939, Gustave Charpentier collabora à une version cinématographique de son opéra Louise, mis en scène par Abel Gance (1939), avec Grace Moore, Georges Thill et André Pernet dans les principaux rôles.

Le compositeur s’éteignit à Paris en 1956, cinq ans après avoir dirigé pour la dernière fois Le Couronnement de la Muse (1 250 exécutants) devant le marché Saint-Pierre à l’occasion du bimillénaire de Paris et Montmartre. Il a formé, en classe d’harmonie, de grands chefs d’orchestre français du XXe siècle : Paul Paray, Roger Désormière, Eunène Bigot, Albert Wolff, Louis Fourestier.

Danielle Pister

[*À suivre… Prochaine mise en ligne, mardi 27 juin. Qu’on se le dise… !*]


[**Articles précédents:*]

Le Vérisme (1), Puccini, Mascagni, Leoncavallo et quelques autres

[Le Vérisme (2) L’opéra en Italie au tournant des XIXè et XXè siècles->http://www.wukali.com/Verisme-2-L-opera-en-Italie-au-tournant-des-XIXe-et-XXe-siecle-2504#.V2LgoMc03Vo
]

Le Vérisme(3) André Chenier, Adrienne Lecouvreur et autres opéras

Le Vérisme (4) Le cas Puccini


WUKALI 24/06/2016
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