About Corsican legends

Les éditions du Rocher viennent d’avoir l’excellente initiative de publier les Légendes de la Corse éternelle de Jacqueline Mosconi-Malherbe qui n’est que la réédition augmentée de son Testament de la Méduse qui portait déjà sur l’imaginaire corse qui l’a bercée quand elle était enfant. Elle fait plus d’ailleurs que de reporter des contes et légendes de l’île, elle fait montre aussi d’historienne (d’où viennent les statues-menhirs, pourquoi une tête de maure sur le drapeau, d’où vient le nom même de Corse, l’histoire du comte Léon, bâtard de Napoléon) ou encore de sociologue avec les sorcières et même avec ceux qui ont le « don » de voir la mort arriver pour pendre un proche. En 30 courts chapitre, Jacqueline Mosconi-Malherbe nous dessine une Corse beaucoup plus « authentique », « véridique » que celle qui est véhiculée par les médias : non la Corse ce n’est pas (que?) des plages et de magnifiques paysages sur un territoire peuplé par des indépendantistes qui ne pensent qu’à vivre aux crochets de la France ! La Corse, c’est avant tout une culture, une culture méditerranéenne, fortement influencée par cet univers spécifique. Ce n’est pas pour rien que la première reine de Corse n’est autre que Méduse que l’on trouve en bonne place dans la mythologie grecque. Et puis, sans faire montre d’une culture ethnologique que je n’ai pas, il y a plus d’un thème que l’on retrouve sur le pourtour méditerranéenne comme la vendetta (encore plus forte en Albanie qu’en Corse), voire dans les légendes d’autres régions d’Europe (que l’on pense aux menhirs si présents dans toutes les régions françaises qui ont développé des dizaines de légendes autour d’eux).

Bien sûr, certain mauvais coucheurs, dont je ne fais sûrement pas partie, vont encore se plaindre sur la recherche d’une identité corse différente de la française et qui montrerait une supériorité de la première sur la nationale. Je ne suis pas certain qu’ils diraient la même chose en ce qui concerne la culture bretonne, savoyarde, voire gasconne. Il n’y a sûrement aucune hiérarchie entre les différentes cultures régionales, car c’est leurs diversités qui fait la richesse de la nationale. C’est leur diversité qui contribue aux particularismes de l’identité française.

Quand j’étais plus jeune, j’ai lu et relu les « contes et légendes de … », édités par Nathan, plus d’une centaine de volumes, lecture qui m’a permis de percevoir toutes les spécificités non seulement des régions de France mais du monde entier, et de percevoir les mythes partagés avec des variations, preuve du génie de l’humanité au niveau de l’imagination.

Jacqueline Mosconi-Malherbe aime son île natale, et c’est très bien, car elle nous fait partager, en nous instruisant sa culture et nous incite à revenir la visiter, non en restant sur ses plages où en allant dans ces lieux touristiques, mais en errant sur les chemins dans la plaine littorale, dans les montagnes pour s’imprégner des odeurs, des bruits, des paysages et de sa culture qui en résulte.

Émile Cougut


Légendes de la Corse éternelle
Jacqueline Mosconi-Malherbe

éditions du Rocher. 16€90


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