For the sake of art and beauty would have thought Catherine the Great


Le musée de l’Ermitage (Государственный Эрмитаж), vient de présenter un tableau de Rubens, La Résurrection du Christ, qui n’avait plus été vu depuis 80ans et qui désormais fait l’objet d’une exposition. Sous Staline en 1934 des campagnes violentes de propagande et de saccage avaient en effet été menées pour éradiquer l’influence de la religion et cette oeuvre comme d’autres avait été décrochée de la cathédrale de la Sainte Trinité au monastère Alexandre Nevsky où elle était installée à proximité de Saint Pétersbourg et oubliée ensuite dans les réserves de L’Ermitage.

Ce tableau dûment authentifié et peint par Rubens en 1610-1611 avait été acquis par Catherine II de Russie, conseillée par Diderot qui lui avait fait acheter en 1772 la collection Crozat. C’est époque des Lumières et la Tsarine, un peu comme Madame de Pompadour, aime la compagnie d’artistes et se plait à acquérir des oeuvres d’art. Elle achète des collections entières et des peintures à travers toute l’Europe et se fait aider de ses conseillers, ses amis philosophes Diderot et Grimm qui l’inspirent. En 1764, Catherine achète 225 tableaux au marchand d’art J.A. Gotzkowsky puis ce sera la collection du comte Brülh qu’elle souffle à Frédéric II impécunieux, au prix de 80 000 talers pour près de 1000 tableaux. En 1779 elle se porte acquéreur de la collection Walpole. En outre Catherine est aussi mécène et achète de nombreuses oeuvres aux artistes de son époque.

Catherine fera don du tableau de Rubens, La Résurrection du Christ, pour la cathédrale de la Sainte Trinité au monastère Alexandre Nevski de Saint Pétersbourg. ( Il existe bien entendu, et ne pas confondre, un autre tableau de Rubens sur le même sujet iconographique et qui est exposé à la cathédrale d’Anvers.

En 2012, après la réouverture du dépôt de L’Ermitage, l’oeuvre est retrouvée, elle n’ est pas en très bon état et sa restauration s’avère indispensable. Les opérations dureront 3 ans. La toile est tout d’abord déformée, il y a des manques au niveau de la peinture, les vernis successifs ont assombri la toile. Manifestement la peinture n ‘a pas été totalement achevée, il semblerait aussi qu’elle a été coupée à différents endroits, son format d’origine était rectangulaire ( comme la Résurrection d’Anvers). On a identifié un dessin préparatoire au musée Boymans de Rotterdam. Il semblerait que la peinture aurait été commandé à Rubens pour orner le maître autel de l’église des Dominicains à Anvers ( aujourd’hui l’église Saint-Paul). La restauration a notamment permis de confirmer que l’oeuvre est bel et bien de Rubens et non point une oeuvre d’atelier.

Les opérations et analyses scientifiques et d’imagerie qui ont été effectuées dans le cadre de cette restauration ont permis de dater avec précision la réalisation de l’oeuvre soit après le retour de Rubens d’Italie et son installation à Anvers en décembre 1608.

Pierre-Alain Lévy et Ivan Ivanof


WUKALI 07/06/2016
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