A free painter with a passionate mind


Michèle Sauberli fut l’élève de Georges Oudot aux Beaux-Arts de Besançon. Reçue 1ère au concours d’entrée aux Arts décoratifs de Strasbourg, sachant peindre de façon objective et académique, l’artiste a très vite eu ce besoin de pousser les limites de l’art au delà des conventions et des protocoles. Un électron libre, aujourd’hui plus qu’hier.
Comment peindre des fleurs pendant 10 ans, et renouveler sans cesse ce thème ? Michèle Sauberli l’a fait. Dans cette manière d’observer le sujet, pour en capter l’essentiel, elle les livre à fleur de peau. Fleurs géantes, charnues et veloutées, des formats audacieux. L’artiste s’est rapidement fait remarquer par ses compositions fleuries et le traitement énergique du fond travaillé dans l’abstrait, à l’acrylique.

L’abstraction, une réelle attraction.

L’artiste reconnaît qu’elle n’a jamais souhaité abandonné le figuratif. «Toutefois, j’ai un peu pris mes distances avec les fleurs. Cela devenait à mes yeux un peu trop commercial. Je ne les renie pas non plus. À travers elles, encore, c’est le mouvement qui m’intéressait. Arriver à le rendre en quelques coups de pinceaux.»

Michèle Sauberli s’intéresse à tous les thèmes, et les fleurs ne sont qu’une infime partie de sa production.

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Il y a quelques années, Michèle Sauberli trouva une nouvelle orientation en Chine et a pris un nouveau virage artistique, toujours au service du mouvement. Pendant une bonne décennie, dans son atelier de Montbéliard, elle sera à la recherche du trait et de la forme, en quête d’un mouvement, d’une gestuelle et s’affirmera vite dans ce mode artistique.

Des thèmes complexes

Le travail de l’artiste se situe aujourd’hui à mi-chemin entre calligraphie et peinture, modernisme et tradition. Car elle revient à des thèmes qui tendent moins vers l’abstrait, non pas pour s’assagir, poser le trait et calmer le jeu, ce serait mal la connaitre, mais parce qu’il lui faut dire les choses avec franchise et tant pis si cela provoque quelques remous. Car ils sont rares ceux qui aiment les corbeaux ou encore les rats, et qui ne peuvent pas les voir… en peinture ! « On peut trouver des similitudes avec les oeuvres de V.Velikovic, mais lui présentait à travers ce thème, la guerre, les charognards…. Ces animaux sont mal aimés, aussi, je les défends, car j’aime leur intelligence cognitive, intelligence révélée par le biologiste et zoologiste Konrad Lorenz

Mal aimés ou trop aimés ? Le débat n’est pas nouveau. Les taureaux sont aussi un des thèmes travaillés par Michèle Sauberli. Elle les peint majestueux, fascinants, en mouvement, mais précise vite qu’elle est contre la corrida. Il faut dire qu’à travers ce thème, Michèle Sauberli peut déployer toute l’énergie dont elle déborde et le mouvement se vit dans chacune des ses toiles.

« Ma peinture, bien que gestuelle vient d’une recherche intérieure ; avec des couleurs et des textures toujours en mouvement. Je suis à la recherche d’un équilibre dynamique, pour styliser le geste. Un journaliste écrivait un jour que je déclinais mes oeuvres comme un opéra tragique, dans les tons de noir, de rouge… Je trouve cela très juste. »

Un choc encore peut provoquer la danse turbulente des pinceaux. Lorsque les tours sont tombées, Michèle Sauberli a peint le chaos. Sa peinture est souvent liée à un sentiment fort ou violent, un fait de société qui prête à réfléchir.

L’oeuvre de l’artiste est foisonnante. Une rétrospective lui a été consacrée en mai et juin 2013 à la Maison des Arts et Loisirs de Sochaux. «Pour une exposition, c’est formidable de disposer de ces trois grands salles, mais, au risque de paraître prétentieuse, même si je suis flattée et ravie de l’honneur que l’on me faisait, je dois dire que je me sentais à l’étroit et j’ai du renoncer à présenter de nombreuses œuvres.»

Il faut dire que l’artiste travaille parfois à la Jackson Pollock, debout ou à quatre pattes, toile ou papier monumental au sol, projetant habilement sa peinture dans une explosion de couleurs toute «Sauberlienne» ! «Les grandes salles pour exposer et un camion que l’on loue, pour transporter mes œuvres… il faut voir grand». Et le cœur l’est tout autant. Elle qui soutient les plus démunis, parraine des enfants, réfléchis aussi à la mort. Non sans humour. Une mort qui ne ferait pas peur à en juger ses têtes de morts très colorées, un thème très tendance dans l’art, dans notre société, et déjà présente dans la peinture des vanités qui nous lançait ce message : « Souviens toi que tu mourras ! » C’est sur un fond rouge que le crâne de l’artiste apparaît dans l’une de ces oeuvres, agrémenté de minuscules photos d’elle (ainsi, il nous est plus facile de la reconnaître !) et si on doute encore de la ressemblance, elle précise amusée : « Je n’ai pas oublié mes canines pointues ! »

Michèle Sauberli aime croquer. Depuis quelques mois, elle travaille avec la presse et propose des portraits qui suivent l’actualité.

L’envie de peindre le chanteur Prince fut très forte. Idem pour la Sœur Emmanuelle ou encore le Père Pédro. Elle peint des célébrités qui la touchent ou la marquent. Elle a peint « Les camps de concentrations. » une thème qui bouscule. « Je l’avoue, le côté « joli et mignon m’énerve ! »

« Lorsque j’ai entendu à la radio que l’on fêtait les 400 ans de Shakespeare, j’ai souhaité le peindre. Déjà parce que j’ai une profonde admiration pour son œuvre – je les ai toutes chez moi ! et son visage me parle… Je l’ai fait plus jeune. J’ai toujours rajeuni les personnages que je peins, influencée par mon professeur, Georges Oudot, qui agrandissait les yeux. Son portrait de Louis XIV est intéressant aussi. On lui doit tout : les arts, la musique ! Mais je n’ai pas oublié de le « griffer de quelques lignes rouges », pour venger le peuple opprimé !

Le mouvement : «Je ne regarde pas le foot mais je me suis surprise à suivre tout le mondial en 98. Je regardais les mouvements, et surtout les ralentis qui me permettaient de décortiquer l’image, les bras et les jambes et surtout les muscles en action. C’est tout ce qui m’intéressait. Le sport, tous les sports, à travers le mouvement».

Mais ce qu’elle aime aussi c’est innover. La rencontre avec un nouveau support peut tout déclencher. Elle peut même en détourner la fonction. Le papier-Emeri est de ceux là, abrasif, rugueux, elle l’a dompté, l’a « adouci» et cela relève de l’exploit, car «il ne tolère aucune erreur, aucun repenti. Ça casse, ou ça passe !» nous dit-elle. «Cette technique, je l’ai fait mienne et j’ai travaillé quantité de thèmes sur ce support.»

L’artiste utilise des cristaux de l’entreprise Swarovski, ces perles de verre et de cristal qui sont utilisées pour faire des bijoux et des objets. Michèle Sauberli aiment leur réflexion et le relief sur la toile. Parfaits ces brillants pour une artiste flambloyante !

Pétra Wauters


Actualité de Michèle Sauberti, expositions

Du 21 mai au 4 juin 2016, Belfort Tour 46, exposition GRAAL, thème le mouvement.
Du 26 au 29 mai, à la Filature d’Audincourt, Festival Bloody week-end.
Du 1er au 30 juin 2016, Bibliothèque de Belfort, exposition Euro Foot.
15 juin 2016, inauguration de l’Espace Peugeot – Nedey – A R S –
12 juillet au musée de Mulhouse, inauguration d’une salle Alfred Dreyfus. Michèle Sauberli réalisé un magnifique portrait de l’Officier français.
Les 11, 12 et 13 novembre, Michèle Sauberli exposera avec son petit fils à la maison du Prince de Sochaux. L’artiste est amusée de présenter des thèmes qui se feront écho…
Exposition Sauberli et Sauberli Junior.


WUKALI

17/05/2016
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com
Illustration de l’entête: portrait de Prince


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