No word to add, just the pleasure to watch and admire a very talented French photographer, her name : Emmanuelle Bousquet


Ce mois ci, nous consacrons à nouveau la rubrique « Une galerie des photographes » aux travaux d’une jeune femme, encore une preuve s’il en fallait du dynamisme de la photographie française au féminin. Nous restons toutefois toujours dans le thème et l’esprit de l’autoportrait mais cette fois ci avec une vision différente qui est techniquement permise ici dans les travaux d’Emmanuelle par une grande maîtrise de la pause longue notamment avec sa série « Illusion » dont elle nous présente quelques extraits, mais aussi en revisitant son adolescence et la naissance de la féminité avec la série « Whispers ».

André Nitschke
Chroniqueur de www.wukali.com


Emmanuelle Bousquet naît un 14 Février, jour prémonitoire. Issue d’une famille de couturiers, elle fut influencée très jeune par l’univers de la mode et de l’art. Elle s’intéresse toute jeune à la photographie, sa grand-mère est à l’origine de cette passion en lui offrant pour ses 10 ans un petit Kodak rouge. Sur ses premiers clichés elle se prend en photo posant comme un mannequin mais vêtue de robes et de chaussures de sa mère bien trop grandes pour elle.

Adolescente, Emmanuelle Bousquet aborde la photographie de manière moins ludique et plus existentielle. Elle fut très marquée par le divorce douloureux de ses parents puis l’abandon de son père qu’elle ne reverra plus.

Après l’Ecole supérieure de journalisme à Paris, Emmanuelle intègre une école de photographie à Los Angeles puis SPEOS à Paris. Son choix est décisif.
Elle décide alors de prendre en photos les êtres qui lui sont le plus chers : sa mère, sa sœur, et elle-même. Elle fait une première tentative de série photographique en noir et blanc où elles apparaissent toutes les trois. Il lui semble alors plus juste d’utiliser son corps comme un peintre utilise sa propre peinture. Elle passe de l’autre côté du miroir en abordant l’autoportrait.

En 2004, Emmanuelle rencontre le photographe Antoine d’Agata qui lui suggère de plonger totalement dans l’univers de l’autoportrait de façon plus juste, plus épurée. « Etre mon propre modèle me permet de maîtriser chaque photographie, de faire corps avec elle. Il ne s’agit pas de me mettre en valeur ni de me représenter, mais un moyen d’exprimer ce qui est en moi, mon corps étant l’acteur de mes pensées ». Un style intemporel est né. De là nait cette vérité crue sous jacente qui se dégage des photos d’Emmanuelle. Elle s’enferme pendant des semaines, dans les lieux qui lui sont intimes, et crée sa première vraie série d’autoportraits « Troubles ». Cette série est le reflet d’une partie de sa vie où l’artiste fut confrontée au cauchemar de l’anorexie. Forte de l’intériorité acquise pendant ces 10 années de souffrance, elle approfondira son travail sur la féminité vu à travers les évolutions de son corps. En découleront des notions plus esthétiques, plus symboliques et une mise en scène qui est la marque incontournable de son style.

Illusion est sa 2ème série photographique d’autoportraits, les images y sont picturales, intemporelles et mystiques. Dans cette série, elle passe par l’autobiographie pour parler de la Femme. Un être sensible, complexe et profond qui a l’illusion, la sensation déformée, d’avoir libéré sa féminité, dans un monde où l’apparence est reine.
En 2012, on passe à un autre chapitre du livre avec sa 3ème série Whispers. Ici, Emmanuelle va revivre son adolescence au travers de jeunes modèles aux critères bien définis ; elle quitte l’autoportrait pour le vivre par procuration. Des jeunes filles rêvées dans un monde végétal qui renferme ses mystères. Whispers s’inscrit dans un ample travail sur la féminité. Il s’agit d’exprimer la difficulté de devenir soi, une femme avec tout ce que cela comporte de savoir, de secrets, de silences, quand le corps de l’adolescente devient, peut-être un trop vite, un peu trop tôt, celui d’une femme.

Dans sa nouvelle série, The Day After, les jeunes filles de Whispers se transforment en jeunes femmes. Les corps sont dénudés et baignent dans une lumière plus diaphane. La femme est née, elle est rentrée en contact avec le monde. C’est le fruit d’une recherche aussi bien esthétique qu’existentielle, la vision du monde d’une artiste à travers le prisme de son propre reflet.

Emmanuelle Bousquet est née en 1979 à Nîmes, France. Elle vit et travaille à Paris. Ses expositions ont la couleur du monde, elle expose en France, en Europe, aux USA et jusqu’en Chine. Son oeuvre photographique a fait l’objet de plusieurs éditions de livres, elle est présente dans les plus illustres journaux spécialisés en photographie : Réponse Photo, Art’s Vice, View photographie, Figaroscope, Exporama, Les Inrocks etc. Emanuelle Bousquet est présente dans la mode. Le Guggenheim New York Museum Trustee Collection a acquis plusieurs de ses photographies

Emmanuelle Bousquet est représentée par :

Galerie Acte2Galerie. Paris. France

Elisabeth de Brabant Art Center. Shanghai – Hong Kong, Chine



WUKALI 18/02/2016 précédemment publié le 01/03/2014
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