Hush… ! Our columnist and book critic Émile Cougut has not liked this book, Hush…!


Ouf, enfin, j’ai réussi à finir ce livre, Une nuit d’été de Chris Adrian, selon quoi j’ai une grande conscience « professionnelle » en tant que chroniqueur ! Je n’ai pas du tout, mais vraiment du tout, aimé ce livre, et c’est peu dire. Ils sont très rares les ouvrages que j’ai eu tant de mal à lire, à lire dans une véritable souffrance. Pourtant le quatrième de page est plus qu’alléchant : « Libre transposition dans le San Francisco d’aujourd’hui du Songe d’une nuit d’été, le roman de Chris Adrian est un livre surprenant, où réalité et féerie se télescopent pour interroger la nature exacte de l’amour. »

Je suis un inconditionnel de Shakespeare, et Le Songe d’une nuit d’été est un des plus beaux joyaux de l’auteur. Mais voilà, je n’avais pas compris le sens de « libre adaptation » et encore moins de l’adjectif « surprenant ». Le moins que je puisse dire c’est que l’adaptation est plus que libre, il reste toutefois Puck et Titania (Oberon lui est en fugue), mais dans un univers soit féérique, mais bien plus proche d’Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll que du royaume des elfes (mais un univers nettement moins plaisant que celui du génial Caroll).

Peu importe l’histoire ou plus exactement les histoires qui s’entremêlent (comme dans la pièce), ce qui manque c’est le lien entre elles, des dizaines de pages de remplissage qui ne servent à rien (5 pages sur le passage de la serpillère et des effets de l’eau de javel, et ce n’est qu’un tout petit exemple !). La plupart du temps les chapitres se succèdent sans qu’ils soient véritablement reliés entre eux. Soit, il y a une sorte de réflexion sur l’amour, sur les douleurs causées par l’amour. Mais à ce niveau rien de très nouveau, sauf que quand vous êtes malheureux, la masturbation est un bon dérivatif.

Je ne parle pas des personnages qui tous sont caricaturaux, sans profondeur, sans « âme ». Titania est plus que la caricature du personnage shakespearien, une sorte de neurasthénique qui ressent des passions humaines et quand Puck lui verse la fameuse potion sur les paupières, elle devient une sorte de nymphomane débile qui finit par se transformer sans que l’on comprenne pourquoi ni comment.

Mais tout cela n’est que mon avis et rien n’interdit tout un chacun de lire et d’acheter Une nuit d’été de Chris Adrian pour se faire une idée par lui-même.

Emile Cougut


Une nuit d’été
Chris Adrian

éditions Albin Michel. 25€


WUKALI 13/02/2016
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com


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