To get some information about the early history of Aquitaine region in the south west of France


Première question : qu’est-ce que l’Aquitaine ? Où plus précisément quelle est l’assise géographique de l’Aquitaine ? La nouvelle région administrative ? L’ancienne ? La province romaine ? La dot d’Aliénor ? Un des royaumes carolingiens ? Le territoire d’un des multiples duchés d’Aquitaine des temps carolingiens et mérovingiens (n’oublions pas qu’à la fin du IX siècle, la capitale du duché d’Aquitaine avait pour capitale Poitiers, Bordeaux celle du duché de Gascogne, indépendant de l’Aquitaine) ? Et qui sont les habitants de l’Aquitaine. Il y a eu tant et tant de peuples qui y ont vécu. Soit, il y a une souche remontant à l’homme de Cro-Magnon, soit il y a un fond celtoibérique. Avant l’arrivée des Romains, il y avait de multiples tribus gauloises qui y résidaient : les Bituriges vivisques, les Santons, les Élusates, les Lactorates, sans compter les Tarbelli ou les Iloronenses. De plus, l’Aquitaine est un lieu de passage, les Vandales, les Wisigoths, un peu les Berbères, les Francs ont laissé des descendants dans cette région. Se pose le problème, qui n’en est pas un des Basques et des Vascons qui vont devenir les Gascons. Les sources anciennes différencient peu entre eux, elles parlent des Vascons qui apparaissent comme ceux qui défendent le plus leurs libertés, qui s’opposent régulièrement contre le pouvoir. Alors qui a massacré Roland au col de Roncevaux : les Basques ? Les Gascons ? Les Vascons ? Ce qui est certain c’est que ce ne furent pas les Sarrasins !

Si vous vous posez toutes ces questions, ce n’est pas dans le livre de Michel Datcharry que vous les trouverez. Ce n’est pas, indéniablement son but. Il décrit à grands traits l’histoire du sud ouest de la France en montrant bien la complexité des institutions de la fin de l’antiquité et durant le bas Moyen Age. Mais il prend le parti de ne surtout pas expliquer la lente mise en place du droit féodal et des liens vassaliques qui peuvent expliquer en grande partie les véléités d’indépendance dont certains « grands » ont fait montre, surtout quand le pouvoir très théorique du suzerain montre des signes de faiblesse. Et quand le suzerain est le roi des Francs (alors que les populations n’étaient pas dans leur immense majorité d’origine franque), même si on était de la famille, la tentation de ne faire montre d’un grand loyalisme est forte.

Les liens entre les principaux acteurs de cette époque sont si complexes que même l’auteur finit par s’y tromper et indirectement par tromper ses lecteurs : ainsi Pépin II (petit fils de Louis le Pieux), fils de Pépin I devient le frère de Lothaire qui était son oncle ; quand Hunald I s’attaque en 745 à la Neustrie, Carloman et Pépin le Bref étaient maires du palais et non rois comme l’écrit Michel Datcharry, ce n’est qu’en 751 que Pépin dépose Childéric III pour se faire couronner roi. Pour autant, malgré ses petites réflexions, le livre de Michel Datcharry est une introduction acceptable à l’histoire complexe de l’Aquitaine pour ceux qui voudraient comprendre la culture, ou plus exactement les cultures du sud ouest. Le Pays Basque n’est pas la Gascogne, la Gascogne n’est pas la Guyenne (il suffit de se promener dans ces régions pour percevoir les différences ne serait-ce que dans l’architecture). Pour mieux appréhender ces différences, il est impératif d’en connaître l’histoire.

Félix Delmas


Terre d’eau. Histoire de l’Aquitaine des premiers temps à l’an mil
Michel Datcharry

Editions VOolume.17€


WUKALI 01/02/2016
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