Véronique Olmi, she is very famous for her novels and she also writes for theater

Fred se retrouve dans un petit hôtel, en périphérie de la ville où il habite. Il fuit « l’anniversaire surprise » que lui a préparé sa femme Laura. Plus exactement sa seconde femme, une bourgeoise très attachée aux apparences, au « qu’en dira-t-on », une « femme parfaite »mais qui l’étouffe, qui ne comprend pas pourquoi, arrivé au sommet de sa carrière de publicitaire, il a éprouvé le besoin de prendre une année sabbatique.

C’est le jour de ses quarante ans, un moment charnière dans sa vie. Sort de l’armoire, ou plus exactement du miroir de l’armoire de la chambre, Frédéric qui s’avère être lui-même mais âgé de 80 ans. S’en suit un dialogue entre les deux protagonistes. Fred ne peut concevoir la vie, les choix qu’il va faire. Il les refuse, veut modifier le cours du temps, mais sera-t-il gagnant ? Sûrement avec son vécu, ses aspirations au jour de ces 40 ans, mais après ? Après quand il aura évolué, vécu, sera-il toujours le même, aura-t-il toujours la même philosophie de vie, les mêmes aspirations ? Et s’il peut changer son destin, qu’est-ce qu’il va perdre, qu’est-ce qu’il va gagner ? Ne va-t-il pas faire l’impasse sur le vrai boheur ? Et surtout quel est le prix à payer pour ces modification ?

Si on connaît bien Véronique Olmi comme écrivain, son œuvre théâtrale, qui est loin d’être négligeable, mériterait d’être mieux connue. Bien sûr, ce n’est pas du théâtre de boulevard, comique, mais un théâtre qui oblige le spectateur ou le lecteur à réagir à se poser des questions sur sa propre personne. Le théâtre français de ces cinquante dernières années qui est sûrement plus connu, joué, apprécié à l’étranger qu ‘en France (sans remonter jusqu’au génial Kholtès, il suffit de penser à Eric-Emmanuel Schmitt ou à Yasmina Réza), est un théâtre qui interpelle, qui scrute l’âme des hommes et des femmes de notre époque, qui démontre que le « génie culturel » français a encore de beaux jours devant lui.

Véronique Olmi fait partie de cette « école », et c’est un vrai plaisir de se plonger dans son univers. Bien sûr, il vaut toujours mieux aller au théâtre pour pouvoir mieux apprécier la beauté d’une pièce, la force de l’écriture. Quand c’est impossible, alors on va chez notre libraire et on l’achète sous sa forme écrite.

Et nous regrettons que le pseudo service public télévisuel que nous finançons tout un chacun ne programme jamais ce genre de pièce. J’adore Feydeau, Labiche, ce n’est pas le problème, mais vu le nombre de fois où j’ai pu voir Molière, Racine ou Shakespeare à la télévision, je doute fortement que je pourrai y admirer une mise en scène de l’œuvre de Véronique Olmi.

Émile Cougut


Un autre que moi
Véronique Olmi

Éditions Albin Michel.15€


WUKALI 30/01/2016
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