Such a beautiful woman and actress, a myth of pure beauty


Tout homme aimant les femmes a un penchant spécifique pour un certain type physique, quel qu’il soit : à chacun sa vérité. Généralement, il le sait assez tôt, mais pas toujours…
J’ai découvert le mien très tard : en 1974, à l’âge de 26 ans. Après avoir divorcé de ma première épouse.

Avant ? Des rencontres, des amours, mais pas de caractérisation de l’éternel féminin…
Comment ? Par hasard, en regardant le cinéma de minuit sur un écran en noir et blanc. C’était le début d’un cycle de six films, consacré à Ava Gardner, star des années cinquante dont le nom m’était inconnu… J’ai donc regardé « Pandora » d’Albert Lewin

Le choc fut immédiat, profond, définitif : j’étais fasciné, conquis et, plus ou moins consciemment, j’ai espéré rencontré MON Ava… Ce qui arriva lorsque ma route a croisé celle d’une femme que j’appellerai Ariane ici. Elle avait trente ans et moi cinquante-sept…Ce fut un coup de foudre… Nous vécûmes deux ans et demi ensemble. Elle me quitta, provoquant un cataclysme dans mon existence mais n’anticipons pas…

Après avoir vu le film, j’ai décidé d’aller à la découverte de cette étoile du septième art. Elle était née en 1922 et mourut en 1990. Mariée trois fois, pas d’enfant, de nombreux amants, alcoolique et reine de la nuit, que ce soit à Hollywood, à Madrid où à Londres...

L’homme de sa vie ? Son troisième mari : Franck Sinatra, le crooner universel, pour lequel elle fut AUSSI la femme de sa vie… Ce fut une passion dévorante doublée d’un amour fou, violemment partagé… Mais la jalousie, l’orgueil, la volonté de possession de l’autre furent trop forts. Ils divorcèrent après quelques années, tout en gardant le contact car ils s’aimèrent toute leur existence.

Ava était starlette dans les années 1940/1945. Puis vedette d’un certain nombre de films entre 1945 et 1950, « Les Tueurs  », notamment. Elle devint une star mondiale avec « Pandora » en 1951. Son « règne » sur le monde cinématographique devait durer à peine plus de cinq ans, avec quelques films mythiques passés à l’éternité :

Pandora , tourné en Espagne, qui lui fit découvrir son type masculin de référence : le bel hidalgo… D’ailleurs elle y eut une longue liaison avec le célèbre matador Dominguin. Elle s’installera dans ce pays pour une quinzaine d’années, avant de s’établir à Londres où elle terminera sa vie.

La caméra d’Albert Lewin la suit, la précède, s’attarde sur son visage, sur son allure, sur sa marche, sur ses tenues, comme ensorcelée…Il y a un côté « défilé de mode » dans le film : les robes qu’Ava porte changent souvent… 

Le « couple cinématographique » qu’elle forme avec James Mason fonctionne parfaitement bien, ce qui se ressent au fur et à mesure du déroulement de l’action.
Vraiment, dans certaines scènes : le baiser sur la plage, celle où son soupirant jette sa voiture de course à l’eau du haut de la falaise, celle où elle nage et atteint le bateau du « hollandais volant », Ava devient la plus belle femme du monde sous le regard attentif du metteur en scène, probablement un peu amoureux de sa création… Cet « attachement créatif » du réalisateur pour sa vedette est, sans le moindre doute, un des motifs de la sacralisation d’Ava, que l’on surnomma alors : « le plus bel animal du monde  »…



– «  Les Neiges du Kilimandjaro   » : elle y avait pour partenaire Grégory Peck qui devint son ami pour la vie. C’est si vrai qu’une heure avant de partir pour le « panthéon des stars, dans l’au-delà », elle l’appela… Détail curieux qui caractérise bien les rapports qu’elle eut avec Ernest Hemingway : elle l’appelait «papa»…

Si le héros du film est le personnage joué par Gregory Peck, qui se souvient de ce que fut son existence à l’heure de ce qu’il pense être son dernier matin, il ne cesse de se souvenir de celle (Ava Gardner) qui fut son grand amour, dans les Années folles à Paris, et qu’il ne revit qu’au moment où elle mourut… Nostalgie excessive ? Non, l’heure du bilan croit-il…

– «  La Comtesse aux pieds nus   » de Mankiewicz tourné en Italie : probablement le sommet de la carrière de la divine, avec des scènes entrées dans la légende du cinéma :

Sur le bateau, quand elle se montre en maillot de bain face à tous ces hommes ; quand elle danse au campement gitan ; quand le Comte italien lui tend la main et qu’elle le suit après qu’il ait giflé le milliardaire argentin, devenu odieux…

Le plus difficile dans ce tournage fut, au début, les rapports très durs qu’elle eut avec ce monstre sacré du cinéma qu’était Humphrey Bogart : il se soûlait en permanence et admettait mal qu’une femme vienne lui disputer la vedette ! La venue de Lauren Bacall calma son mari, d’autant plus que les deux femmes sympathisèrent immédiatement… La suite fut sans problème…


– «  Bhowani junction  », tourné au Pakistan, alors que l’histoire est censée se situer en Inde. Dès cette époque, son physique commence à changer… Son alcoolisme s’aggravant… C’est Stewart Granger qui lui donne la réplique. Détail croustillant, la belle déclara, après la signature du contrat mais avant de le rencontrer, qu’elle le trouvait séduisant…

Son rôle de métisse lui convient mal mais l’atmosphère locale imprègne tout le déroulement de l’action, donnant une consistance particulière à son interprétation, comme à celle de Stewart Granger. Si le film n’est pas un chef d’œuvre, il s’en faut de beaucoup, le couple cinématographique lui donne un charme naturel agréable.

– «  Le Soleil se lève aussi   » : crépuscule d’un monde qui sent confusément sa fin ( avec la seconde guerre mondiale), où les acteurs semblent comprendre qu’eux aussi appartiennent à une époque révolue (Ava Gardner comme Errol Flynn, Tyrone Power ou Mel Ferrer)… Si une forme d’espoir restreinte existe dans « Les Neiges du Kilimandjaro », rien de tel ici : le pessimisme le plus noir, presque le désespoir, est la trame de l’histoire… Un malaise sensible gêne le spectateur…

Ava devenue mon « étalon or » de ce que le rêve d’une femme idéale devait être, j’ai continué ma vie… Ma rencontre avec Ariane devait la changer… Elle avait eu de gros problèmes personnels, manquait totalement de confiance en elle jusqu’à avoir peur de marcher… Je lui ai appris à prendre possession de l’espace… Lui ai expliqué ce qu’elle devait faire dans nombre de situations…Je suis devenu son mentor, très exactement son Pygmalion…

Puis elle s’est mise à changer… Elle devint MON Ava Gardner : la femme idéale… C’était imparable…. M’était arrivé l’impensable, l’inimaginable… La réalité dépassait la fiction… Mon bonheur était absolu… Au-delà de mes espérances les plus folles…

Malheureusement, j’avais fait mon temps : j’étais trop vieux, pas assez riche et je n’avais plus rien à lui enseigner… Elle me quitta… Je mis quatre ans à m’en remettre…

Quelques temps après, je me mis à collectionner des photos dédicacées de la divine Ava, un peu au hasard et un peu par hasard…

Permettez-moi de vous en montrer quelques unes… Un florilège… En souhaitant à tous et à toutes qu’ils, ou elles, rencontrent leur idéal(e), masculin ou féminin… Et qu’ils (ou elles) le vivent toute leur vie…

Jacques Tcharny


WUKALI 29/01/2016
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com


Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus