Impressive dancers, a stunning choreography !


Compagnie Vlovajob Pru : déjà abstrait comme nom direz vous ? Retenez plutôt les leurs : Cecilia Bengolea et François Chaignaud !

Cecilia Bengolea est née et a grandi à Buenos Aires. Dans la capitale argentine, elle étudié la danse, mais a également pratiqué de nombreux sports comme la gymnastique, l’équitation ou encore les arts martiaux. Elle a étudié l’histoire de l’Art, la philosophie, et les danses anthropologiques à l’université de Buenos aires. François Chaignaud quant à lui a démarré la danse au conservatoire de Rennes, à poursuivi au CNSM de Paris en danse contemporaine. Parallèlement, le jeune homme a poursuivi des études universitaires et obtenu un master d’histoire sociale et contemporaine. Depuis plus de 15 ans, les deux danseurs chorégraphes dansent et travaillent ensemble. Dub Love présenté ce jeudi 14 et vendredi 15 janvier au Pavillon Noir d’Aix en Provence témoignent de leur inspiration et de leur virtuosité.

Dans un coin de la scène, le Dj de Dub réunionnais, « High éléments » joue. Il est aux anges, visiblement heureux. Il est à ses platines ce que les danseurs, accompagnés d’Ana Pi, sont aux pointes. Un as ! Et le spectacle de surprendre. Des corps qui s’étirent, se nouent, dessinant de nouvelles techniques, des mouvements virtuoses qui jouent sur le déséquilibre, les ondulations, des vacillations et soudain, un corps semble meurtri, plié en deux, mains sur les cuisses, il se déplace, sur les pointes. La performance nous surprend. Au rythme de la musique Dub – considéré comme la matrice de toutes les musiques électroniques, né à la fin des années 60 en Jamaïque – les danseurs travaillent des positions improbables sur pointes, les corps semblent parfois suspendus, et d’autres fois parfaitement enracinés sur scène. Pas toujours gracieux mais on est touché !

Les codes de la danse sont bousculés. Pas de sauts harmonieux, d’aucuns pourraient en être dérangés. Etranges postures que ces fesses cambrées, ses pieds qui s’étirent. La danse se fait davantage saccadée et semble manquer de fluidité, mais qu’importe, elle se lit autrement sur une musique parfois lancinante et tellement expressive. Surprise, on propose des bouchons d’oreilles à l’entrée ! Chorégraphies, chants et musique ainsi mixés nous donne un spectacle de 60 minutes qui passe comme dans un rêve, et apportent encore plus d’expressivité et de force à « Dub love ». L’expérience avec les danseurs du Wuppertal, prouve, si besoin était, combien ces deux là sont reconnus par leurs pairs.

Parmi les grands projets de la compagnie : Le tour du monde des danses urbaines en dix villes. Cecilia Bengolea explique :

« Les danses urbaines, ce sont les danses créées, pratiquées et montrées dans les rues des grandes villes du monde. Elles sont une infinité et nous en avons choisi 10, mais ce choix était difficile, et forcément subjectif et incomplet.

Les danses urbaines sont liées à la ville, à sa violence, à ses injustices mais aussi à son énergie, électrique, rapide. Mais avant tout les danses urbaines sont liées la musique. C’est toujours la musique qui inspire ces formes de danse et de rencontres. De nos jours, les danses urbaines se diffusent principalement sur le net (Youtube, pages Facebook…). Cette transmission virtuelle permet des évolutions stylistiques très rapides, une mondialisation des gestes, et explique aussi la popularité spectaculaire de certains styles.
Les danses urbaines en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Europe, en Asie et en Afrique, sont toutes connectées à la diversité des danses africaines, qui ont migré dans le corps des esclaves déportés, et des immigrés. Les grandes villes du monde où s’inventent ces danses sont des cités cosmopolites, forgées par les vagues et déportation et d’immigration. C’est la complexité de cette histoire, façonnée par les grandes inégalités de l’ordre social, qui surgit dans ces danses. »

Pétra Wauters

WUKALI 26/01/2016
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com
Crédits photos : Simon Courchel


Les prochaines dates pour ce spectacle
16 février : Théâtre Paul Eluard, Choisy le Roi
18 février : MJC Rodez
2-3 mars : Le Lux, Valence


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