Drug addiction, another but good novel


L’enfer de la drogue. L’enfer de « la fin des années soixante-dix », l’enfer de l’’héroïne, de la morphine, pas de la cocaïne, ni le crack, mais de cette drogue que l’on s’injecte, parfois on la « sniffe », mais pour avoir un « trip », rien ne vaut une bonne « shooteuse», avec une cuillère, un morceau de coton et, suprême luxe, un quartier de citron.

Des livres sur ce thème, des romans, des témoignages, les rayons de nos bibliothèques en sont couverts. Alors se dira le lecteur, pourquoi en lire encore un de plus ? Tout simplement parce que Morphine Monojet est un bon livre sur ce sujet et que jamais il n’y aura un livre de trop pour montrer les ravages de ce fléau.

Ils sont trois, trois camés en manque, toujours à la recherche d’argent pour pouvoir acheter une dose auprès de leur dealer, le tunisien. Il y a Al, le Juif de bonne famille, le fils perdu, l’Arménien, tous deux les héritiers involontaires des victimes des génocides du siècle, et puis Fernand, le Français, sans famille, sans racines. Leur route croise celle de la belle Jackie, fille d’un diplomate anglais qui remmène le trio chez elle. Là, Al, le plus incontrôlable des trois, le plus suicidaire, en profite pour dérober dans la collection du maître de maison, un fétiche africain en ivoire porte-bonheur : une Mamy-Wata, et surtout une seringue Monojet : La seringue des G.I., une seringue à coup unique, une dose de cheval de morphine pour soldat blessé, mutilé, agonisant. Soit, elle a quarante ans mais Al se dit que c’est l’occasion unique d’avoir le plus beau trip de sa vie, car il est certain que dans cette seringue, la drogue est pure et non coupée comme celle qu’il s’injecte quotidiennement. Peut-être que, depuis, le produit s’est changé en poison mortel, mais Al a déjà fait deux tentatives de suicide, ses choix de vie ne sont que les cheminements vers une mort à laquelle il aspire, et donc il veut prendre le risque. Mais il ne le prendra qu’en dernière instance, quand il n’aura plus de produits plus ou moins frelatés à s’injecter.

S’ensuit l’errance d’Al dans les bas-fonds de la capitale, dans les lieux fréquentés à l’époque par les drogués et parallèlement la quête de Jackie, Fernand et le fils perdu pour le retrouver et récupérer la Mamy—Wata et la seringue Monojet avant qu’elle ne soit utilisée.

Bien sûr, le lecteur va être quelque peu étonné page 124 quand il lira : « un silence glacial… quand le simoun balayait la banquise ». Petite erreur de l’auteur, confusion plutôt entre le blizzard soufflant dans les pôles et le simoun, vent sec, chaud soufflant sur les côtes orientales de la Méditerranée. Mais cette petite erreur ne prive en rien le lecteur dans le plaisir qu’il prend au contact de ce livre, bonne « piqûre de rappel » sur la déchéance causée par les produits stupéfiants.

Emile Cougut


WUKALI 18/01/2016
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com

Morphine Monojet
Thierry Marignac

Éditions du Rocher. 5€90. (sortie en librairie le 25 janvier 2016)


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