Wonderful direction, superb music by Lully accompanying this incredible and young Molière. Just a gorgeous treat for eyes, ears, and intellect too… A sumptuous show !


C’est sans doute l’une des pièces les moins connues de Molière. L’histoire d’un gentilhomme de Limoges, monsieur de Pourceaugnac qui monte à Paris pour épouser Julie, jeune parisienne de bonne famille, qui n’a pas envie de se marier avec le limougeaud qu’elle n’a du reste jamais vu. Elle lui préfère Éraste dont elle est follement amoureuse. Les jeunes gens vont payer et confier à Sbrigani, un intrigant napolitain émigré à Paris et à Nérine la femme de chambre de Julie, une mission qui consiste à perdre Monsieur de Pourceaugnac, dans tous les sens du terme. Il ira jusqu’à perdre la tête et même son identité, car ne nous fions à l’apparente légèreté du thème. On rit beaucoup, certes, mais on s’interroge aussi beaucoup !

Ce projet est né de la rencontre avec William Christie et Clément Hervieu-Léger, jeune metteur en scène. Après s’être penchés sur le corpus des comédies-ballets de Molière, le choix s’est porté sur ce recueil. Il était intéressant de donner à Lully la première place alors qu’il vient le plus souvent après Molière.

Ici, le chef d’orchestre et ses musiciens sont sur scène et participent musicalement bien sûr, tout en suivant l’intrigue. Au milieu des comédiens qui chantent des chœurs ou parlent, ils semblent jouer avec eux et se font davantage présents. Jolie formule. Surprenante apparition du pauvre Monsieur de Pourceaugnac, qui vient dans la salle, au milieu des fauteuils, nous crier son exaspération et son désespoir ! Le public jubile.

Belle idée également de situer l’action dans le Paris des années 50/60. Sans doute le moment le plus proche de nous qui reste crédible pour parler de cette histoire en respectant les paramètres et l’intrigue : une jeune fille qui se libère, – On est tout à fait dans l’esprit de la libération de la femme dans ces années-là, avec cette image de la femme, qui change. Le thème résonne très fort aujourd’hui encore. N’y voit-on pas encore celui du bannissement et de l’ostracisme répandu depuis la nuit des temps. Comment ne pas épouser un … provincial ? La farce est cynique mais la musique de Lully nous ravit et nous fait presque « swinguer ». William Christie emploie souvent ce terme pour parler du baroque. Et cela est tellement vrai. La musique joue un rôle de choix, et fait partie intégrante de la pièce. On s’amuse aussi beaucoup des parties dansées rondement menées par Bruno Bouché, danseur de l’Opéra de Paris.

William Christie et les Arts Florissants sont parfaits, les décors, amovibles, sont astucieux et les saynètes, musiques et ballets ainsi entremêlés sont un ravissement pour les yeux, le cœur et l’esprit. Tout ceci reste léger, même s’il est vrai que le sujet est grave. Molière oblige !

Pétra Wauters


[Dates et villes où sera présenté le spectacle des Arts Florissants (cliquer)->http://www.arts-florissants.com/programmation/monsieur-de-pourceaugnac.html]


WUKALI 16/01/2016
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com


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