Bosch, Brueghel, Bles, Bril…

UNE TRÈS GRANDE EXPOSITION

A travers une centaine d’œuvres, l’exposition révèle le caractère merveilleux et fantastique de ces paysages qui suscitent aujourd’hui encore fascination, effroi ou questionnement.

A l’aube du courant maniériste, le paysage s’impose comme le véritable sujet de la peinture, devant la figure ou le récit biblique, relégués au second plan par la volonté de montrer l’invisible, de produire une impression d’infini. Les artistes flamands inventent une nouvelle manière de peindre, attachante et inventive, aux frontières du réel et de l’imaginaire. La nature devient le lieu d’accueil de mythes et de fables sacrées et profanes.

Dans ces images où se mêlent la foi chrétienne et les superstitions populaires, où se rencontrent le beau et le bizarre, le merveilleux et le monstrueux, la nature s’écrit dans un langage symbolique dont nous ne détenons plus tous les codes, et nous conduit vers des espaces qui nous dépassent, cosmiques, légendaires et infinis.

Alain Tapié, commissaire de l’exposition, conservateur en chef du patrimoine



Le paysage, en tant que représentation merveilleuse ou fantastique du monde, n’imite pas tant la nature qu’il ne l’organise suivant une écriture symbolique. Le tableau se situe alors entre la sensation et la pensée. Jusquau début du XVIIème siècle et l’établissement d’une unité harmonique, les paysages du maniérisme flamand s’appuient sur le jeu des plans à coulisses, habités de sujets dispersés, en symétrie ou en déséquilibre

Le symbole ultime en est la croix du Christ: portée elle invite à l’accompagnement , au voyage vers un autre monde ; érigée elle rappelle que le mystérieux et le merveilleux ne peuvent faire l’économie d’une certaine symètrie du décor, d’un ordonnancement divin du monde. Les éléments empruntés au monde réel prendront au fur et à mesure une place croissante, qui culmine dans l’oeuvre cosmique de Pieter Bruegel le Vieux.

Le monde fantastique

La part du diable.

À travers le goût du XVIème siècle pour la métamorphose fantastique t alchimique, les paysages anthropomorphiques et zoomorphismes impliquent une participation active du spectateur dans le processus de contemplation de l’oeuvre d’art. Derrière le réalisme de la nature surgit une double image qui fait entendre autre chose que ce qui est montré

Fables sacrées , fables profanes

Cette exposition permet de mettre en lumière le rôle de la pensée chrétienne mais aussi de la culture humaniste redécouvrant les trésors de la mythologie classique, dans l’émergence et le développement du paysage flamand. Dans les paysages peints, c’est parfois l’irruption d’un détaille dans un cadre qui montre la nature et la réalité quotidienne- le pied surgissant de l’écume dans La Chute d’Icare de Pieter Bruegel, le manteau rouge brandi par le prophète dans Élie et Élisée de Jan Massijs– qui fait basculer le paysage dans le fabuleux ou le surnaturel et invite à chercher un sens allégorique ou moral

Le monde merveilleux

Bruegel et Paul Bril élaborent des paysages visionnaires, utilisant l’inversion chère au maniérisme flamand. Les scènes religieuses sont immergées dans des paysages panoramique chargés de détails réalistes qui reflètent la réalité de la création divine du monde



Jusqu’au 14 janvier 2013

Fables du paysage flamand

Palais des Beaux‐Arts

Place de la République. 59000 Lille

Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le Ministère de la Culture et de la Communication

47 musées français et européens ainsi que des collectionneurs privés ont concouru à sa réalisation


Horaires

Ouvert le lundi de 14h à 18h et du mercredi au dimanche de 10h à 18h.

Nocturne chaque samedi et dimanche jusqu’à 19h.

Fermé le lundi matin et le mardi toute la journée.


ÉCOUTER VOIR


Illustration. Saint Christophe portant l’enfant-Jésus. La Rochelle.Musée des Beaux-Arts. ©Musée d’Art et d’Histoire de La Rochelle. Max Roy

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