Constantin Simonov (1915-1979) est un poète russe de l’ère soviétique assez peu connu en France. Il fit parti pendant toute l’époque stalinienne des écrivains bien en cour et son style plaisait particulièrement au »Petit père des Peuples » qu’il rencontra à plusieurs reprises, d’ailleurs il reçut plusieurs fois le Prix Staline. Poète et écrivain son lyrisme patriotique décrivant le courage et la résistance des soldats de l’Armée Rouge dans la lutte contre l’envahisseur allemand toucha le peuple russe. Il sut avec des mots émouvants décrire les souffrances des hommes. Il fut le rédacteur en chef du « Literatournaya gazeta » (1950-1953), le journal officiel de l’Union des Ecrivains. Lors de la déstalinisation avec Khrouchtchev il fut temporairement écarté de ses responsabilités, et nommé correspondant du journal la Pravda en Ouzbékistan (1958-1960). Son roman « Les vivants et les morts«  publié en 1962 « Jivye i Mertvye », (éditions Julliard ) où il narre dans la grande tradition romanesque russe les relations interpersonnelles entre les représentants du parti communiste et de l’appareil d’état et le citoyen de base lui fit fit recouvrer les faveurs du public.

P-A L


(Voir la video et le texte original du poème en russe en contrebas)


ATTENDS MOI

Attends-moi

Si tu m’attends, je reviendrai,

Mais attends-moi très fort.

Attends, quand la pluie jaune

Apporte la tristesse,

Attends quand la neige tournoie,

Attends quand triomphe l’été

Attends quand le passé s’oublie

Et qu’on n’ attend plus les autres.

Attends quand des pays lointains

Il ne viendra plus de courrier,

Attends, lorsque seront lassés

Ceux qui avec toi attendaient.

Si tu m’attends, je reviendrai.

Ne leur pardonne pas, à ceux

Qui vont trouver les mots pour dire

Qu’est venu le temps de l’oubli.

Et s’ils croient, mon fils et ma mère,

S’ils croient, que je ne suis plus,

Si les amis las de m’attendre

Viennent s’asseoir auprès du feu,

Et s’ils portent un toast funèbre

A la mémoire de mon âme…

Attends. Attends et avec eux

refuse de lever ton verre.

Si tu m’attends, je reviendrai

En dépit de toutes les morts.

Et qui ne m’a pas attendu

Peut bien dire : « C’est de la veine ».

Ceux qui ne m’ont pas attendu

D’où le comprendraient-ils, comment

En plein milieu du feu,

Ton attente

M’a sauvé.

Comment j’ai survécu, seuls toi et moi

Nous le saurons,

C’est bien simple, tu auras su m’attendre, comme personne.

Constantin SIMONOV (1915-1979)


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voir le texte en russe en contrebas


Жди меня и я вернусь,

Только очень жди,

Жди, когда наводят грусть

Желтые дожди.

Жди, когда снега метут,

Жди, когда жара,

Жди, когда других не ждут,

Позабыв вчера.

Жди, когда из дальних мест

Писем не придет
,
Жди, когда уж надоест

Всем, кто вместе ждет.

Жди меня, и я вернусь,

Не жалей добра

Всем, кто знает наизусть,

Что забыть пора.

Пусть поверят сын и мать

В то, что нет меня,

Пусть друзья устанут ждать,

Сядут у огня,

Выпьют горькое вино

На помин души…

Жди. И с ними заодно

Выпить не спеши.


Жди меня и я вернусь,

Всем смертям назло.

Кто не ждал меня, тот пусть

Скажет: – Повезло!

Не понять, не ждавшим им,

Как среди огня

Ожиданием своим

Тыd спасла меня.

Как я выжил, будем знать

Только мы с тобой, –

Просто ты умела ждать

Как никто другой

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